Mister President, Part I - France USA Media

Mister President, Part I

gwashington1“Mister President” 1/5. Voici, en cinq volets, le dossier qui a fait la couverture du “Monde 2” un mois avant l’élection présidentielle de 2004 : les mini-biographies des 43 présidents des Etats-Unis, de George Washington à George Bush.

Première partie, avec Washington, Adams, Jefferson, Madison, Monroe, Adams II, Jackson et Van Buren.

1.    George Washington (1789-1797)
Lorsque le Congrès de la jeune nation se réunit pour trouver le chef de l’exécutif, il cherche un homme capable de synthétiser les exigences des uns et des autres. Le président idéal doit être évidemment indépendantiste, fédéraliste, garantissant les pouvoirs des Etats sans céder à ceux-ci, et surtout respectueux de la prééminencedes représentants et sénateurs. George Washington est tout cela. Commandant en chef des troupes américaines lors de la guerre d’Indépendance (1776-1781), ce représentant, né en Virginie en 1732, et propriétaire terrien, est un remarquable meneur d’hommes sur le champ de bataille. Il acquiert une excellente réputation militaire lors de la guerre contre les Indiens et les Français en 1750. Elu à l’unanimité le 4 mars 1789, garant de la cohésion nationale, il marque les esprits en effectuants deux mandats successifs. Lors de son discours d’adieu, en 1797, il recommande aux Etats-Unis d’intervenir le moins possible dans les affaires du monde et, surtout, de ne pas s’allier avec une nation européenne en cas de conflit sur le Vieux Continent.

2.    John Adams (1797-1801)
Farouchement fédéraliste, John Adams joue un rôle important dans la marche à l’indépendance, en s’opposant au Stamp Act de 1765, un prélèvement d’impôts sur les colonies d’Amérique voulu par la couronne britannique. Né dans le Massachusetts, Adams fait des études de droit après avoir songé à devenir pasteur. Sous sa présidence, la capitale fédérale est transférée de Philadelphie à Washington. Son mandat est marqué par une opposition avec son vice-président Jefferson, qui le battra en 1801. Il meurt le même jour que lui, le 4 juillet 1826, date du cinquantième anniversaire de l’Indépendance.

3.    Thomas Jefferson (1801-1809)
Touche-à-tout génial, architecte, philosophe, Thomas Jefferson est surtout l’auteur de la Déclaration d’Indépendance, en 1776, et du fameux droit à la “recherche du bonheur” inscrit noir sur blanc dans ce texte. Il devient secrétaire d’Etat de 1790 à 1793, sous la présidence de George Washington. Leader de ceux que l’on désigne alors comme républicains, dont la famille d’esprit fondera le Parti démocrate en 183, il est élu président en 1801 en défendant le droit des Etats face au pouvoir central. Il plaide pour une séparation stricte des prérogatives au sein de la fédération et estime que l’Etat fédéral doit s’occuper des affaires extérieures. Il effectue deux mandats.

4.    James Madison (1809-1817)
Le double mandat de Madison est marqué par la guerre contre l’Angleterre, la “deuxième guerre d’indépendance”, entre 1812 et 1815.Comme ses trois prédécesseurs, il tient un rôle important dans la mise en place des institutions du pays. Fédéraliste, partisan d’un pouvoir central fort, il publie avec Jay et Hamilton une sucession de points de vue dans la presse, les articles du fédéralisme, pour appuyer la ratification de la nouvelle Constitution. C’est sous sa présidence, après un incendie en 1814, que la Maison Blanche devient blanche.

5.    James Monroe (1817-1825)
La carrière de James Monroe est fulgurante. Né d’une famille de propriétaires terriens de Virginie, il interrompt ses études de droit pour s’enrôler lors de la guerre d’Indépendance. Il est élu représentant pour la première fois à l’âge de 24ans à la Chambre de son Etat natal. Après avoir été secrétaire d’Etat et secrétaire à la Guerre sous Madison, Monroe entre à la Maison Blanche en 1817. Sa présidence est marquée par sa politique étrangère. Il achète la Floride à l’Espagne. Mais surtout, sous l’inspiration de John Quincy Adams, son secrétaire d’Etat, James Monroe avertit l’Europe qu’aucune tentative coloniale sur le continent américain ne sera tolérée. En contrepartie, il renonce à tout implication dans les guerres en Europe. L’Amérique centrale et du Sud devient “chasse gardée” des Etats-Unis. Cette “doctrine Monroe” sera respectée jusqu’à l’entrée du pays dans la Première guerre mondiale, en 1917.

6.    John Quincy Adams (1825-1829)
Fils du 2ème président, il incarne la première “dynastie” de la République américaine. Natif du Massachusetts, John Quincy Adams s’intéresse de près à la diplomatie. Il occupe ainsi successivement plusieurs postes d’ambassadeur en Europe avant d’être élu à la Chambre des représentants. Secrétaire d’Etat de Monroe, il participe à l’élaboration de la doctrine Monroe et à l’entrée de la Floride dans l’Union. Piètre politicien, sa présidence ne marque pas les esprits et il sort par la petite porte en se faisant élire à nouveau à la Chambre. A son actif toutefois, de réelles convictions antiesclavagistes et la fondation de la Smithsonian Institution.

7.    Andrew Jackson (1829-1837)
C’est le premier président issu du peuple. Orphelin, d’origine irlandaise, enrôlé à 13 ans dans la guerre d’Indépendance, planteur de coton dans le Tennessee, il combat les Anglais et les Indiens Crees en 1814 et 1815. Très populaire, après une carrière au Sénat, il entre à la Maison Blanche le 4 mars 1829. Pour fêter l’événement, il fait ouvrir le bâtiment à la population. Un incroyable désordre gagne la présidence : les gens montent sur les chaises et les tables, des bagarres éclatent entre les invités, brisant verres et vases précieux. Le président est évacué pour sa sécurité. Le peuple était littéralement entré à la Maison Blanche…

8.    Martin Van Buren (1837-1841)
Ce président n’a pas laissé de grands souvenirs dans l’histoire américaine. Natif de l’Etat de New York, il est vice-président de Jackson et entre à la Maison Blanche en 1837. Son arrivée au pouvoir coïncide avec la “panique de 1837″, créée selon lui l’extension trop grande et trop rapide du crédit dans la société. Son opposition à l’entrée immédiate du Texas dans l’Union lui coûte sa réélection.
(Image : George Washington)

DOSSIER PUBLIE DANS “LE MONDE 2”, 30 OCTOBRE 2004

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