Mister President, Part II
Par Guillaume Serina | 12/06/2008 | Catégorie: Hebdo, Histoire
“Mister President” 2/5. Voici, en cinq volets, le dossier qui a fait la couverture du “Monde 2” un mois avant l’élection présidentielle de 2004 : les mini-biographies des 43 présidents des Etats-Unis, de George Washington à George Bush.
Deuxieme partie, avec Harrison, Tyler, Polk, Taylor, Fillmore, Pierce, Buchanan et Lincoln.
9. William Henry Harrison (1841)
Certains hommes d’Etat entrent dans l’Histoire par la petite porte. Harrison est l’un de ceux-là. Il n’a été président des Etats-Unis que pendant un mois à peine. C’est le premier président à mourir pendant sa mandature, des suites d’un coup de froid devenu pneumonie. A noter qu’il est le premier président Whig, un parti qui préfigure l’une des tendances du futur parti républicain, fondé treize ans plus tard, en 1854.
10. John Tyler (1841-1845)
Vice-président de William Henry Harrison, John Tyler entre en fonction en mai 1848 à la mort de ce dernier. Il est le premier vice-président à devenir président du fait du décès en fonctions de ce dernier. Egalement issu du parti du parti Whig, majoritaire au Congrès, il met son veto à de nombreux projets législatifs issus de ses rangs, s’isolant totalement par la même occasion. Il prépare le terrain à l’annexion du Texas.
11. James Knox Polk (1845-1849)
C’est sous ce président aujourd’hui oublié que les Etats-Unis ont agrandi de façon considérable leur territoire, vers l’ouest. En quatre années sont entrés dans l’Union le Texas (après une guerre contre le Mexique), le Nouveau-Mexique, la Californie, l’Arizona, le Nevada, l’Utah, l’Oregon, l’Etat de Washington, l’Idaho, auxquels il faut ajouter une partie du Wyoming et du Colorado.
12. Zachary Taylor (1849-1850)
Héros national de la guerre contre le Mexique (il fit prisonnier le leader Monterrey sur le Rio Grande en 1846), Zachary Taylor meurt en fonctions à l’âge de 66 ans. Favorable à l’expansion du territoire de l’Union, il a eu le temps de gérer avec succès l’intégration de la Californie. Avant d’être investi candidat à la présidence, Zachary Taylor ne fut jamais élu, ni même inscrit dans un quelconque parti.
13. Millard Fillmore (1850-1853)
Lorsque cet avocat originaire de Locke (Etat de New York) arrive à la Maison Blanche, à la mort de Taylor en 1850, le débat sur l’esclavage fait rage. Le compromis historique de 1850, voté au Congrès, laisse l’Utah, le Nouveau-Mexique libres de décider de l’autorisation ou de l’abolition, alors que la Californie est déclarée Etat libre. Quant au district de Columbia (qui gère la capitale fédérale Washington), il interdit le commerce d’esclaves.
14. Franklin Pierce (1853-1857)
Lorsque Franklin Pierce achève son mandat en 1857, son parti refuse de l’investir comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Un signe non seulement des divisions qui rongent les démocrates, mais aussi d’une présidence controversée. Favorable à l’esclavage bien qu’issu du New Hampshire (Nord), Pierce doit faire face aux tensions entre Nordistes et Sudistes et à une guerre civile au Kansas.
15. James Buchanan (1857-1861)
Né en Pennsylvanie, James Buchanan a d’abord été un brillant avocat avant d’entrer en politique chez les fédéralistes. A la disparition du parti, il siège à la Chambre des représentants, puis au Sénat, dans le courant démocrate. Secrétaire d’Etat du président Polk, ambassadeur à l’étranger, il maîtrise les dossiers internationaux. Mais en tant que président, il échoue à empêcher la sécession des Etats du Sud et la guerre civile qui s’ensuit.
16. Abraham Lincoln (1861-1865)
L’une des plus grandes figures de l’histoire nord-américaine est née dans l’Illinois rural. Rien ne prédispose le jeune Lincoln à assumer un jour la plus haute fonction de son pays. Jeune, il milite pour le Parti conservateur. Devenu avocat, il entre à l’Assemblée de son Etat natal dans les années 1830. Quinze ans plus tard, le débat fait rage autour de l’extension ou non de l’esclavage. Lincoln participe à la fondation du Parti républicain et prend une position médiane : tout en réfutant l’abolition, il veut contenir l’esclavage là où il existe. Lorsqu’il entre à la Maison Blanche, les Etats du Sud ont déjà fait sécession. C’est en plaçant l’autorité de l’Etat et la cohésion nationale au-dessus de tout qu’il parvient à maintenir l’unité du pays, après quatre ans de guerre civile qui ont fait plus de 600 000 morts. L’esclavage est aboli en 1865. Réélu, Lincoln est assassiné par un sudiste en avril 1865 dans sa loge, au théâtre, à Washington.
(Photo : Abraham Lincoln)
DOSSIER PUBLIE DANS “LE MONDE 2”, 30 OCTOBRE 2004