Mathieu Bitton
Par webmaster | 01/07/2009 | Catégorie: SpotlightLos Angeles (Californie) - France USA Media
Photo exclusive : Lenny Kravitz
Il se cache derrière le design des pochettes de disques des plus grosses pointures musicales. De Prince à Lenny Kravitz en passant par Marvin Gaye, Bob Marley, James Brown, Sting, The Police, Lionel Richie ou encore Stevie Wonder, la liste est longue ! Mathieu Bitton, Frenchie de 36 ans installé aux Etats-Unis, s’est fait tout seul. Il a gagné le respect et la confiance des artistes au fil des collaborations et son parcours est tellement étonnant que beaucoup, dans l’industrie musicale de Los Angeles, misent sur lui pour les prochains Grammy Awards.
L’objet en question ? Le coffret édition limitée du dernier Jane’s Addiction - “A cabinet of curiosities”. Un coffret qui s’ouvre et se découvre comme des poupées russes. Le coffret, en bois, ressemble à cette boîte à secrets protégée par un cadenas, qu’enfant nous cacheions sous notre lit. Si vous en avez la clé, la première porte s’ouvre sur une seconde fenêtre vous laissant entrevoir le contenu du coffret : 3cds + 1 dvd + un livret + une enveloppe renfermant quatre poupées Voodoo et les cartes tarots de chacun des membres du groupe !
Décrit par le magazine Rolling Stones US comme étonnamment élaborée, la direction artistique du coffret regorge de références à la culture satanique des années 80 et au Vaudoo créoles de la Nouvelle-Orléans. On parcourt les 64 pages comme un livre d’histoires - les sorcières ayant pris le rôle des fées. Recontre avec un jeune homme au parcours singulier.
Quel est l’histoire du coffret de “Jane’s addiction” ?
En 2006, Warner me contacte pour le design d’un “best of” de Jane’s Addiction - “Up from the catacombs”. Le cabinet de curiosité est la première idée qui me vient à l’esprit. C’est tellement cohérent avec leur univers : ils déploient leurs objets fétichistes sur les scènes où ils se produisent. On fait un premier photo shoot et le chanteur Perry Farrell a adoré. Du coup, il voulait garder l’idée pour un coffret d’édition limitée. En 2008, arrive le projet du coffret. Ils m’ont contacté pour poursuivre ce concept de cabinet de curiosité. Je leur annonce que je vais disparaître pendant un mois pour développer cette idée et designer la plaquette que je leur ai ensuite présentée.
Feu vert… pendant 5 mois, je passe mon temps à chiner aux puces et contacter des fans du groupe pour me procurer des objets souvenirs et produits dérivés. Je fouille dans mes cartons de collections d’objets, de posters, flyers, tickets de concert… J’ai ressorti de ma collection le ticket du tout premier concert de Jane’s Addiction que j’ai vu à L.A. en 1989. J’ai aussi retrouvé une cassette audio que j’avais achetée quand j’étais au Lycée - elle figure dans la première composition en couverture du livret. Je construis une petite armoire, je compose différentes histoires avec les éléments collectés et m’en sers pour raconter leur univers. J’ai ensuite church& les matériaux pour construire le coffret puis passé du temps sur le graphisme du livret.
Quelles sont les premières pages de ton histoire ?
Je découvre ma passion pour la musique à Paris à l’âge de 7 ans, quand j’achète mon premier 45 tours. Le design de la pochette me fascine. C’est alors que naît l’obsession. Dès lors, je passais mon temps à chiner les pochettes de vinyles et squatter les magasins de disques parisiens. Mes premiers coups de cœur étaient Gainsbourg, Marvin Gaye, Cat Stevens, SamCooke, Otis Redding… J’ai reçu mon éducation musicale dans une boutique de disques - Bonjour Serge de Monster Mélodies.
Comment as-tu débuté aux Etats-Unis?
Mon premier job était le design d’un logo de label pour Mercury, Polygram - j’étais étudiant a New York University. Cette même année, je rencontre le directeur du catalogue Motown. Il me propose ma première couverture de disque pour une compil funk… je me souviens lui répondre “c’est un job payé ? Wow, je l’aurais fait gratuit”.
J’étais surexcité de travailler sur les pochettes des artistes que je collectionnais - Marvin Gaye, Stevie Wonder, James Brown…j’avais l’impression de rêver.
Depuis j’ai aussi beaucoup travaillé sur les designs de pochettes pour Bandes Orginales de films : Harry Potter, Spiderman, Transformers 1 & 2,Terminator Salvation, Le diable s’habille en Prada, Les Infiltrés…
Il paraît que tu collectionnes les affiches de films des années 60 et 70?
Un jour, à 9 ans, j’allais au cinéma dans le quartier latin a Paris - voir les Walt Disney. Et dans un cinéma mitoyen, ils présentaient Coffy, the Mack et Super Fly. C’était interdit aux mineurs. J’étais subjugué devant l’affiche de Pam Grier dans Coffy, avec ses décolletés et ses armes à feu. Ca a changé ma vie. J’ai vraiment commencé ma collection de posters après mon arrivée à New York. Mes pièces préférées sont celles des films de Sidney Poitier, Harry Belafonte et Super Fly.
Plus tard, je rencontre Quentin Tarantino qui partageait la même passion pour les films ‘Blaxploitation’. il avait les posters de ‘Legend of Nigger Charlie’ et ‘Hell Up in Harlem’ sur les murs de sa maison. J’ai réussi à le convaincre de me laisser la direction artistique de son projet de livre sur les affiches de films Afro-Américain - “What it is… What it was!”. Il m’a fait confiance. C’est alors que je me suis réellement impliqué dans la direction artistique et me suis penché sérieusement sur l’Art graphique de ces affiches. Suite à notre collaboration sur le livre, j’ai réalisé d’autres projets pour sa société de production. J’ai travaille sur l’affiche de ‘Sonatine’, ‘The Beyond’ et une affiche - ambiance Blaxploitation - de Jackie Brown. C’était génial !
D’autres belles rencontres ?
Oui. La plus forte fut celle avec Prince, l’idole de mon enfance. J’ai eu la chance de produire et designer l’album “Ultimate Prince” Il fut mon introduction à la musique soul et funk. Enfant, j’avais acheté son album “Parade”. Je me souviens dire à mon père: équand je serais grand, je ferais des pochettes de disques - elle est trop cool celle-la”.
Comment résumer ton parcours en un mot ?
Passion. Toutes ces rencontres ne se sont cristalliser qu’autour d’une passion commune et partagée. Rencontrer ces artistes est donné à tout le monde. Le seul vecteur qui solidifie la relation par la suite est la connivence. Par exemple, je rencontre par hasard Quincy Jones à une soirée. On a discuté pendant des heures de musiques de film dont j’étais fan et il en avait composé la moitié ! Il me rappelle le jour suivant et depuis on est devenu amis. Nous projetons de collaborer sur un coffret des B.O. de films qu’il a composées. Le coffret inclura 25 cds. - je m’occuperai de la direction artistique et de la production. Même chose avec Harry Belafonte et tous les autres. Je souris quand j’y pense car j’avais tous leurs posters, ado, et aujourd’hui ils m’appellent pour me demander si je peux les aider sur leurs projets.
Quel est ton futur projet ?
Je viens de coproduire et designer l’album édition limitée “20eme anniversaire - Let love rule” de Lenny Kravitz. On est potes depuis vingt ans. On s’est rencontrés à Los Angeles mais on s’était perdus de vue. Puis en 2008, Jean-Baptiste Mondino faisait le photo shoot d’une chanteuse dont je m’occupe - Emilie Loiseau. Il venait de terminer le clip de Lenny la veille. On s’est revus et on a passé les quatre jours suivants ensemble à parler musique et de ses projets. Puis on s’est mis au travail. Nous sommes partis bosser dans son studio aux Bahamas, où j’ai trouvé des vieilles photos dans des fonds de tiroirs que j’ai intégrées dans le design de l’album. Nous collaborons en ce moment sur son prochain double album “Negrophilia” - un bijou d’influences soul et funk… vous verrez!

Bonjour,
Quel parcours! Felicitations.
Je suis moi-meme fan des films blacks des annees 70.
Est ce que Matthieu a travaille pour Michael Jackson, par hasard?
J’aimerais bien voir son travail si c’est le cas.
il serait interessant d’attacher a l’article des images de ses meilleures creations.
Respectueusement,
Joel de Bourges
Bonjour Joel, j’ai fait 3 CDs Jackson 5 (Anthology, Gold et Live In Japan) mais jamais MJ solo
Salut mathieu
Effectivement tres interressant ton parcours, c’est sympa de le partager avec nous, ca me fais penser a la photo d’anthony quinn dans les quartiers peuples de sud americains defavorises de l.a, ca redonne de l’espoir…
je suis d’accord avec toi en ce qui concerne la connivence mais quand meme tu devrais avouer que ce n’est pas donner a tout le monde de rencontrer la personne avec qui tu partage une passion, moi j’ai habite huit ans a los angles, ma passion c’est le montage de films et mon reve aurait ete de rencontrer de grands metteur en scene comme spielberg et travailler avec eux mais le plus pres que je sois passe de steven est devant le resto de sa mere!….
Alors est ce que tu es d’accord avec moi qu’il s’agit non seulement de passon commune mais aussi de chance ou plutot de savoir saisir les ‘opportunites qui s’ouvrent a toi…ou pas!
Anne
Bien sur Anne, je suis d’accord
Mathieu! Okay, I am pretty sure you are the same Mathew that Vanessa and I met (The Canadian Girls - We met at the Prince Concert and after show at the Bain Douche many years ago) Looks like you are in LA now… Just curious if I have the right Mathew… hard to tell by the photo… but I have many photos from that summer…