Nouvelle Vague
Par Audrey Epeche | 01/09/2009 | Catégorie: SpotlightNouvelle vague, le projet de deux producteurs et musiciens français de talent, Marc Collin et Olivier Libaux, revient en force avec « 3 » le dernier opus du groupe qui a su ériger la reprise en un art à part entière et revisiter le mouvement punk avec brio et élégance. Ils seront à l’affiche du festival Oh la LA, à Los Angeles, du 23 au 25 septembre. Rencontre.
De retour d’une très courte tournée aux Etats-Unis, la Nouvelle vague submergeait le théâtre des Bouffes du Nord fin juin dans le cadre du festival FRAGILE.
Dans le sous sol des Bouffes, on discute joyeusement avec Olivier Libaux et les joyeux drilles d’un groupe qui fait du punk pur et dur de mélodieuses ballades et emportent en deux accords de guitare l’adhésion, la sympathie et l’oreille.
Entre deux balances, dans l’ambiance feutrée du théâtre de Peter Brook, on croise Ian Mc Culloch, décontract, la clope au bec, qui discute en coulisses avec l’ancien tourneur des Sexs pistols. De quoi réveiller la punkette qui sommeille en moi…Nouvelle vague a su s’imposer comme le dernier groupe phare de la french touch actuelle, celle qui parvient à s’exporter hors l’hexagone et imposer un style musical qui prend un peu partout de NYC à Hongkong…
La tournée éclair qui vient de s’achever aux USA de NYC à LA en passant par San Francisco a reçu un accueil à la hauteur du talent de ces musiciens qui n’ont de cesse de nous faire redécouvrir les trésors punks accommodé à la sauce glam…
Le répertoire new wave connaît ainsi une nouvelle révolution avec ce troisième opus.
Un album très américain peut-on dire, puisque la bossa a laissé place au blues, country, folk et autres influences blue grass et americana… et contre toute attente cela fonctionne !
Voix de Marylin langoureuse ou de BB évanescente, nous voilà propulsés dans le glam trépassé des 80’s. Sur scène, on se laisse porter par les voix suaves des deux chanteuses déchaînées et les guitares acérées qui laissent comme un goût d’une tristesse sautillante, acidulée et mélancolique à souhait…
Mais que reste t-il de l’odeur de souffre et des rues malfamées de l’esprit punk qui continue d’habiter ces chansons phares d’un genre pourtant presque oublié ?…pas grand chose à vrai dire… c’est plutôt les fragrances de jasmin, le parfum d’un jardin après la pluie, des embruns et du sable chaud que nous restitue à travers ce punk revisité les deux chanteuses du groupe qui nous laissent dans le cœur comme un vague sentiment de … vague à l’âme.
Dance with me, Killing moon, Guns of Brixton, titres emblématiques qui firent la renommée du groupe aux 400 000 albums viennent flirter avec la reprise aussi douce qu’une ballade printanière de God save the queen. Sid Vicious n’en croirait pas ses oreilles ! Et lorsque Ian Mc Culloch entre en scène pour accompagner la reprise de All my colors, on s’interroge !
Mais qui sont ces beaux messieurs qui font leur apparition sur ce nouvel album ? Car c’est ça la grande nouveauté de « 3 », les voix féminines flirtent avec les voix d’hommes et pas n’importe lesquels : Martin Gore (Depeche Mode), Ian Mc Culloch (Echo & the Bunnymen) ou encore Barry Adamson (Magazine) qui viennent revisiter leur propre tube à la sauce Nouvelle vague. Un joli hommage, un bel exercice auquel se sont prêtés avec plaisir les plus grands représentants de la punk/new wave !
Une fois de plus le charme opère, on se laisse bercer, emporter dans une sorte de no mans land, de trou spatio temporel musical par cette nouvelle vague américaine qui nous happe joyeusement…et on en redemande !

