“Ooh la L.A.”, la scène musicale française débarque en Californie
Par Cécile Grégoriades | 23/09/2009 | Catégorie: Culture, Humeur du Jour
Le nom du festival fait frémir l’oreille des Américains : “Oh la L.A.” Cette expression à la connotation coquine outre Atlantique va désormais symboliser un rendez vous culturel immanquable à Los Angeles. Destiné à présenter les nouveaux talents de la scène pop et électro française, le “Ooh la LA festival” a comme tête d’affiche des artistes comme Sébastien Tellier, Emilie Simon, Gonzales, le collectif Nouvelle Vague et bien d’autres. L’évènement s’étend sur trois soirées au théâtre Henry Fonda, sur Hollywood Boulevard, du 23 au 25 septembre 2009. Le directeur artistique du festival Sylvain Taillet se félicite d’avoir mis sur pied un tel événement à près de 10 000 km de Paris : “Le marché U.S. est très difficile à pénétrer, c’était donc un challenge que d’établir un rendez-vous annuel autour de la musique française en Californie.”
Car c’est ce que visent les organisateurs de ce nouveau festival : en faire un incontournable de la scène musicale de la côte ouest, tout comme City of Lights, City of Angels (COLCOA) l’est devenu pour le cinéma français. Le consul de France à Los Angeles, animé par cette même volonté de faire bouger la culture française hors des frontières hexagonales, n’a pas hésité une seconde avant de se lancer dans l’aventure : “j’ai dit oui tout de suite”, s’est enthousiasmé David Martinon. Le programme reste alléchant, malgré le changement de dernière minute avec l’annulation de la performance d’Emilie Simon pour “raisons personnelles de force majeure”.
Sébastien Tellier, qui joue le premier soir, est l’artiste frenchie hype du moment. Le visage caché derrière une barbe fournie, des cheveux longs et d’épaisses lunettes noires, ce dandy chic aime à se déclarer “inclassable”. Sébastien Tellier navigue entre le rock, la pop et l’électro. Il vient de sortir son troisième album, Sexuality, à propos duquel il avoue sans complexe “mon but, c’est d’exciter les gens avec ma musique. Tous les plus grands finissent toujours par faire de la musique sexuelle, c’est quelque chose qui ne s’apprend pas à l’école.” Pour ce dernier album, Sébastien Tellier s’est associé au producteur Guy-Manuel de Homem Christo, membre de Daft Punk.
“What a feeling” repris par Yael Naim
“Mon idée, c’était de montrer à un public américain à quelle point la scène musicale française est riche et variée aujourd’hui”, ajoute Sylvain Taillet. Si les artistes tournent tous autour des genres électro-pop, la diversité est au rendez-vous. Avec “Hollywood mon amour”, le collectif Nouvelle Vague nous embarque dans les années 80 à travers des chansons utilisées par le cinéma. Le groupe apporte sa touche à des morceaux classiques comme “Eye of the Tiger”, “Flashdance …What A Feeling”, et le thème de James Bond, “A view to A Kill”. Les reprises sont tellement bien faites qu’on a du mal à reconnaître les premières notes de ces titres pourtant ultra célèbres, comme en témoigne la version lente au piano-voix par Yael Naim de “What a feeling”.
Gonzales, qui joue mercredi 23 septembre, est autant musicien qu’acteur sur scène. Ce Canadien passé par Berlin a finalement choisi de s’établir à Paris. Tantôt virtuose du piano, tantôt parodiant du disco façon Bee Gees comme dans son titre “Slow down”, ce touche-à-tout déjanté n’hésite pas à varier les genres et à expérimenter avec bonheur. Parmi les artistes du festival qui se succèderont sur la scène de la salle de spectacle hollywoodienne, citons Cocoon, The Dø, Brodinski, The Shoes, Jamaica et la toute jeune Soko qui remplace in extremis Emilie Simon. Révélée en 2007 grâce au buzz sur Internet de son premier hit “I’ll kill her”, Soko a une voix froide et envoûtante. La petite brune découverte sur MySpace n’a pas encore 24 ans et une vraie énergie sur scène, qui a déjà séduit aux Pays Bas et en Belgique.
Le festival coûte 25 dollars par jour, 65 dollars pour trois jours.