Escapade au Québec pour Noël : la côte de Charlevoix
Par Guillaume Serina | 18/12/2009 | Catégorie: Art de Vivre, HebdoLe Guide Michelin pour France USA Media
Accidentée, échancrée, nuancée : voici l’une des plus belles régions du Québec ! Ici, les montagnes plongent directement dans les eaux majestueuses du Saint Laurent, et le fleuve devient un véritable bras de mer ; aussi appelle-t-on ses rives des « côtes ». À la fois rural et sauvage, semé de villages pittoresques et de petites stations balnéaires, Charlevoix offre de remarquables vues du fleuve et, par temps clair, de la Côte-du-Sud.
Se repérer
La côte de Charlevoix est accessible par les routes 40 et 138 au nord-est de Québec. La route 138 traverse la région qui commence au bord du cap Tourmente, à environ 40 km de Québec, et s’étend jusqu’au fjord du Saguenay. La route 362 relie la communauté de Baie-Saint-Paul à celle de La Malbaie - Pointeau-Pic et dessert les bourgades côtières.
À ne pas manquer
Le charme de l’île aux Coudres, les villas de La Malbaie, le site de Baie-Saint-Paul, et l’observation des baleines dans le Saint-Laurent, à hauteur de Baie-Sainte-Catherine.
Organiser son temps - Prévoir au minimum deux jours.
Avec les enfants - Le Centre d’interprétation et d’observation des baleines de Pointe-Noire à Baie-Sainte-Catherine.
Pour poursuivre la visite - Tadoussac, la côte de Beaupré, la côte du Bas-Saint Laurent.
A l’origine du nom
La côte doit son nom au chroniqueur jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), grand voyageur et auteur de la célèbre Histoire et description générale de la Nouvelle-France. C’est vers la fin du 17e s. que les premiers colons, pour la plupart des bûcherons et des navigateurs, s’installèrent sur ces terres peu propices à l’agriculture. Quelques villages isolés demeurèrent inaccessibles par la route jusqu’au milieu du 20e s.
Les voitures d’eau - Construites sur les grèves de Charlevoix, plus de 300 goélettes ou « voitures d’eau » (à voiles, puis à moteur) assurèrent, jusque vers la fin des années 1960, le ravitaillement, le commerce et le transport du bois sur la côte de Charlevoix et sur la Côte-Nord, mais aussi dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Aujourd’hui, leurs épaves jonchent les battures de la région. Car ces embarcations traditionnelles ont été remplacées par les cargos. Lorsque l’on s’arrête sur la corniche, on entend d’ailleurs souvent le bruit de leurs moteurs alors qu’ils passent au loin, par la voie maritime du Saint-Laurent.
Une destination recherchée - Dès les années 1760, la région, réputée pour la beauté de ses paysages, commença à attirer les visiteurs. Après la Conquête, deux officiers écossais, le capitaine John Nairn et le lieutenant Malcolm Fraser, reçurent en concession du gouverneur militaire, le général Murray (1721-1794), l’ancienne seigneurie de La Malbaie - Pointe-au-Pic, qu’ils nommèrent Murray Bay.
Dès le milieu du 19e s., l’engouement pour la nature fit de Charlevoix un lieu de villégiature recherché. Les citadins acquirent d’abord quelques habitations traditionnelles et les rénovèrent, puis entreprirent de construire d’élégantes résidences d’été. La compagnie Canada Steamship Lines amena beaucoup de touristes sur ses luxueux paquebots avant d’ériger en 1899 un énorme hôtel, le manoir Richelieu. Reconstruit en 1929 après un incendie, l’édifice est le seul rescapé des établissements hôteliers de l’époque.
L’ouverture de la route de la Côte-Nord dans les années 1960 devait marquer la fin de l’ère des « grands bateaux blancs ». Aujourd’hui, de nombreuses auberges perpétuent cependant la tradition d’accueil auprès des visiteurs.
Un rendez-vous d’artistes
Charlevoix (plus particulièrement Baie-Saint-Paul, Port-au-Persil et Les Éboulements) attire depuis longtemps peintres, écrivains et poètes. Clarence Gagnon, Marc-Aurèle Fortin, René Richard, Jean-Paul Lemieux et A.Y. Jackson en ont immortalisé la beauté dans leurs toiles. Parmi les écrivains qui y ont vécu, notons Gabrielle Roy et Laure Conan.
De Beaupré à Baie-Sainte-Catherine
220 km. Quittez Beaupré par la route 138. Après 4 km, tournez à gauche et suivez les panneaux de signalisation.
Canyon Sainte-Anne
t 418-827-4057 - www.canyonste-anne.qc.ca - ô-j-õ - du 24 juin à la fête du Travail : 9h-17h30 ; du 1er mai au 23 juin et de déb. sept. à fin oct. : 9h-16h30 - 11 $.
Dans ce superbe cadre sauvage, les visiteurs auront l’occasion de voir côte à côte les roches sédimentaires marquant le début de la plaine du Saint-Laurent, et celles de gneiss granitique marquant la fin du Bouclier canadien. Ici, la rivière Sainte-Anne du-Nord dévale à grand renfort d’écume et de tourbillons une étroite faille rocheuse en créant une chute d’eau de 74 m de hauteur. Des sentiers à travers bois jalonnés de panneaux d’interprétation permettent d’accéder à la rivière et à ses chutes dont deux ponts suspendus offrent de belles vues. Unetroisième passerelle permet également de se rendre au fond du canyon.
Rejoignez la route 138. Après Saint-Tite-des-Caps (6 km), prenez à gauche la route 360 vers Saint-Ferréol-les-Neiges. Continuez sur 10 km en suivant les indications.
Les Sept-Chutes
t 418-826-3139 ou 877-724-8837 - www.septchutes.com - ô-õ - de mi-juin à mi-août : 9h-17h45 ; de mi-mai à mi-juin et de mi-août à mi-oct. : 10h-16h30 - 11 $.
À cet endroit où la rivière Sainte-Anne-du-Nord forme sept chutes distinctes, un barrage et une centrale furent construits en 1916, et demeurèrent en service jusqu’en 1984. Agréablement aménagé en parc, le site donne aujourd’hui l’occasion de découvrir le patrimoine industriel québécois, tout en offrant plusieurs points de vue sur les cataractes. La centrale (descente de 325 marches), l’une des plus anciennes du genre au Québec, la forge (1929), le barrage en amont des chutes et l’aqueduc (qui acheminait l’eau aux turbines) témoignent d’un passé technologique actif.
Reprenez la route 138. Au bout de 30 km, tournez à droite vers Petite-Rivière-Saint-François et continuez sur 10 km.
Petite-Rivière-Saint-François
La route descend en pente raide à travers la forêt vers ce petit village situé sur le Saint-Laurent, au pied d’une grande falaise. Dans le village, tournez à gauche après l’église. Une jetée dégage une vuea sur les montagnes de Charlevoix, qui plongent dans le Saint-Laurent, et sur la grève parsemée de rochers.
Retournez vers la route 138, et continuez jusqu’à Baie-Saint-Paul. La route offre de magnifiques vuesaa sur la vallée du Gouffre, sur le Saint-Laurent et sur l’île aux Coudres, en descendant vers Baie-Saint-Paul.
Les Éboulements
19 km. Assis sur le rebord de la montagne à plus de 300 m au-dessus du Saint-Laurent, le village doit son nom à plusieurs glissements de terrain qui suivirent le violent tremblement de terre de 1663 : la moitié de la montagne s’affaissa dans le fleuve. En 1710, la seigneurie fut concédée à Pierre Tremblay qui y construisit un moulin.
Moulin banal - Avant le carrefour vers Saint-Joseph-de-la-Rive. Entrée à droite, juste avant la rivière du Moulin - t 418-635-2239 - ô-õ - de déb. juin à déb. sept. : 10h-17h ; reste de l’année : sur rendez-vous - 4 $.
Ce moulin fut bâti en 1790 par le seigneur Jean-François Tremblay, au sommet d’une chute d’une trentaine de mètres. Le visiteur pourra y admirer les mécanismes d’origine et observer le travail du meunier en titre (farine de blé ou de sarrasin en vente). Avec le moulin, l’ancien manoir des Sales-Laterrière, tout à côté, illustre particulièrement bien la vie quotidienne sous le régime seigneurial, aboli en 1854.
Saint-Joseph-de-la-Rive
3 km. Quittez la route 362 à droite en direction de Saint-Joseph-de-la-Rive. Descente très raide vers le Saint-Laurent. Cette petite localité, blottie entre le Saint-Laurent et la montagne, présente des vues charmantes de l’île aux Coudres et du fleuve. Elle abrita l’un des principaux chantiers de construction des goélettes traditionnelles de Charlevoix. Souvenirs d’une époque révolue, de nombreuses épaves de ces bateaux jonchent les battures du village, point de départ du traversier vers l’île aux Coudres.
Prenez le temps de visiter les goélettes de l’Exposition maritime (305 r. de l’Église - t 418-635-1131) pour vous faire une idée du passé maritime de Charlevoix. La papeterie Saint-Gilles (304 r. Félix-Antoine-Savard - t 418-635-2430 ou 866-635-2430: www.papeteriesaintgilles.com), une fabrique de papier traditionnelle fondée par le prélat et écrivain Félix-Antoine Savard, invite les visiteurs à découvrir comment on produisait le papier au 17e s.
Île aux Coudres
Accès par traversier : départ de Saint-Joseph-de-la-Rive - Société des traversiers du Québec - t 418-438-2743 - www.traversiers.gouv.qc.ca - j - avr.-oct. : 7h30-23h30, départ ttes les heures ; reste de l’année : 7h30-23h30 (janv.-fév. 23h) ttes les 2h - 15mn -gratuit.
Tout ce qui est petit est charmant : il en est ainsi de l’île aux Coudres (ou « Isle-aux-Coudres »), étendue de terre ne mesurant guère plus de 11 km de long sur 5 km de large, et posant dans un décor enchanteur au large des côtes de Charlevoix, face à Baie-Saint-Paul. L’île a gardé sa tranquillité et son charme rural pour le grand plaisir des touristes qui s’y rendent nombreux (attention) à la période estivale. Jetant l’ancre dans l’une de ses baies en 1535, Jacques Cartier la baptisa « isle es couldres » en raison des coudriers - ou noisetiers - qui y poussaient en abondance.
On peut faire le tour de l’île en voiture ou à bicyclette (environ 21 km). Des vestiges du passé, des goélettes échouées sur les battures sont visibles en plusieurs endroits. Pointe-du-Bout-d’en-Bas, à l’extrémité nord de l’île, offre une vuea pittoresque du village des Éboulements et de son site verdoyant.
Un centre d’interprétation retrace l’histoire de ces installations hydro électriques.
Reprenez la route 138. Au bout de 30 km, tournez à droite vers Petite-Rivière-Saint-François et continuez sur 10 km.
Petite-Rivière-Saint-François
La route descend en pente raide à travers la forêt vers ce petit village situé sur le Saint-Laurent, au pied d’une grande falaise. Dans le village, tournez à gauche après l’église. Une jetée dégage une vuea sur les montagnes de Charlevoix, qui plongent dans le Saint-Laurent, et sur la grève parsemée de rochers.
Retournez vers la route 138, et continuez jusqu’à Baie-Saint-Paul.
La route offre de magnifiques vues sur la vallée du Gouffre, sur le Saint-Laurent et sur l’île aux Coudres, en descendant vers Baie-Saint-Paul.
Saint-Siméon
4 km. Un traversier (t 418- 638-2856 - aller simple environ 1h, AR sans débarquer 3h) relie cette ancienne communauté de bûcherons à Rivière-du-Loup. À cet endroit, le Saint-Laurent fait une vingtaine de kilomètres de largeur. Le centre éducatif forestier Les Palissades est logé au pied d’une falaise de 120 m, près de Saint-Siméon (à environ 13 km par la route 170). Le centre d’interprétation sert de point de départ à trois chemins qui offrent des promenades de différentes longueurs et permettent d’observer de plus près la flore de la région. La route 138 rentre à l’intérieur des terres, traverse la forêt et longe différents lacs.
Baie des Rochers
17 km. Un chemin non revêtu (environ 3 km) mène à cette jolie baie aujourd’hui désertée dont il ne reste que le vieux quai. La petite île à l’entrée de la baie est accessible à marée basse. Rejoignez la route 138.
Le Saint-Laurent réapparaît près de Baie-Sainte-Catherine.
Baie-Sainte-Catherine
La bourgade a fait de l’observation des baleines sa principale attraction, comme sa voisine de Tadoussac, sur l’autre rive du Saguenay. Le mois de juin - correspondant à l’arrivée massive des cétacés au large du fjord -, y est le plus propice, suivi de septembre et octobre, plus calmes qu’au pic estival (juil.-août).
Croisières d’observation des baleines
Croisières AML - t 1-800-563-4643 - www.croisieresaml.com - ô-j-õ - départ du quai municipal - mai-oct. : 10h et 13h15 - AR3h - commentaire à bord - réservations requises - 59 $.
Centre d’interprétation et d’observation de Pointe-Noire
Sur la route 138, peu avant la descente vers le Saguenay - t 1-800-773-8888 - www.parcmarin.qc.ca - j õ - de mi-juin à lafête du Travail : 9h-18h ; de la fête du Travailà mi-oct. : vend.-dim. 9h-17h - 5,50 $.
Situé sur un cap surplombant l’embouchure du Saguenay, le promontoire de Pointe-Noire offre un panorama superbe sur l’estuaire du Saint-Laurent et les falaises du fjord. Le centre fait partie intégrante du parc marin du Saguenay- Saint-Laurent (www.parcmarin.qc.ca). Il propose toutes sortes d’activitésd’interprétation (exposition, télescopes,programmes vidéo) relatives à ce milieu naturel unique.





