Les profs américains à la merci de leurs étudiants
Par Guillaume Serina | 13/12/2009 | Catégorie: Humeur du Jour, SociétéAuteur : Emilie Pons
En Amérique, les notes comptent énormément, mais reflètent-elles la qualité des travaux des étudiants?
Pour être un « bon » prof et conserver son emploi, mieux vaut ne pas contrarier les étudiants, leurs parents, au risque de se faire remarquer par le directeur de son département et d’être invité à « renoncer » à ses fonctions. Et apparemment, ceci s’applique même à la prestigieuse NYU, New York University…Plus l’on paie pour les études de ses enfants, moins on a envie qu’ils échouent !
On va même, dans bien des cas, jusqu’à suggérer à certains professeurs de changer les notes de leurs étudiants. En effet, ça cause moins de problèmes. Le département est plus « populaire » si les étudiants s’y sentent « successful », voire importants. Mais qui parle d’échec, d’ailleurs ?
Jean-Claude Suares, ancien directeur artistique du “New York Times” (ainsi que de” L’Express”) et de plusieurs autres journaux et magazines tels que “Variety”, a fini par ne plus pouvoir enseigner à la Parsons School of Design faute d’avoir assez d’étudiants inscrits à ses cours : il notait ses classes trop durement ! Et les étudiants ont pris peur.
Le status quo des notes demeurera-t-il encore longtemps ? Ce n’est pas si sûr car les étudiants ont de plus en plus l’impression qu’ils méritent de bonnes notes, comme l’explique si clairement Max Roosevelt dans son article du “New York Times”, publié en fébrier 2009. Dans ces conditions, les perspectives d’évolution des mentalités en matière de notes sont plutôt sombres.

Zut, je n’ai eu que des “A: pour mon programme Master’s à NYU…
En France, le contraire, toujours : les étudiants se pressent à l’entrée de prépas ou facs prestigieuses (Henri 4, la Sorbonne, Sciences po…) réputées pour leur système de notation extrèmement sévère… Les formations aux notes plus clémentes sont éminemment suspectes ! Depuis quelques années A. Antibi lutte contre ce qu’il nomme “la constante macabre” : les profs, pour être crédibles, se sentent obligés de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes selon 1 constante (1/3 de notes autour de la moyenne, 1/3 au dessus, et 1/3 en dessous) qui ne reflète pas le niveau réel des élèves !