Argent et politique : la Cour Suprême change les règles
Par Guillaume Serina | 22/01/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Politique USC’est un coup de tonnerre dans le paysage politique américain. La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, vendredi, d’ouvrir les vannes du financement des campagnes électorales par les entreprises, a été vivement contesté par un grand nombre d’acteurs et de commentateurs de l’univers politique et écomique américain. Le président Obama, dans un communiqué écrit, a également protesté contre cet arrêt qui a pris tout le monde par surprise.
De quoi s’agit-il ? Par 5 voix contre 4, les sages ont décidé de mettre fin à un siècle de restrictions du financement des campagnes électorales par les entreprises privées. Les Etats-Unis s’étaient progressivement dotés, y compris lors de la dernière décennie, de réglements et de lois limitant les contributions des firmes. Seuls les individus pouvaient donner de l’argent, avec une somme plafond, à tel ou tel candidat à tel ou tel mandat. Avec cet arrêt de la Cour Suprême, la plus haute instance judiciaire du pays, les entreprises et les syndicats, notamment, pourront désormais acheter des spots de télévision en faveur de leurs poulains ou contribuer directement à leurs campagnes. Tout le monde s’accorde à dire que les Républicains, plus proches du “big business”, bénéficieront bien plus de cette décision que leurs adversaires démocrates.
Le président Obama a immédiatement réagi. Ce changement, qui devrait d’ores et déjà intervenir lors des prochaines élections de mi-mandat (midterms) en novembre prochain (législatives, gouverneurs, etc), “est une victoire majeure du “big oil” (firmes pétrolières, NDLR), des banques de Wall Street, des compagnies d’assurance, et des autres groupes d’influence puissants de Washington qui réduisent un peu plus la voix des Américains moyens”. Pour Fred Wertheimer, président de “Democracy 21“, un centre d’étude et de vigilance sur la démocratie américaine, “c’est un jour sombre pour la Cour Surprême et un désastre pour le peuple américain”. Et l’observateur de faire part de sa peur de la “corruption”. Le mot tabou est lâché.



USA, Nov 2008: GoogleObama VS ExxonMcCain ? Un scénario-fiction désormais imaginable ?
C’est la question trouvée sur Pnyx, suite à la décision de la Cour Suprême de considérer que les limitations du financement politique par les entreprises sont contraires au premier amendement de la Constitution. Pour donner votre opinion:
http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/508
Demain, si la constitution reste en l’état, une “super marque” créera-t’elle son propre candidat ? Ou au-contraire, une entreprise commerciale n’aura-t’elle jamais intérêt à se marquer autant politiquement ?
A votre avis ?