Dans les coulisses des Golden Globes
Par Guillaume Serina | 21/01/2010 | Catégorie: CultureBeverly Hills (Californie)
Ariane Sauvage - France USA Media
Elégantes, bavardes ou souriantes, une myriade de stars brillaient dimanche soir dans le ciel de Los Angeles pour les 67èmes Golden Globes. Tom Hanks, Leonardo di Caprio, Martin Scorsese, Julia Roberts, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Penelope Cruz et beaucoup d’autres avaient tous repondu présent pour participer à la cérémonie annuelle organisée par la Hollywood Foreign Press Association : un groupe d’environ 90 journalistes basés à Hollywood et qui couvrent les nouvelles du show business pour la presse étrangère.
Dès 15 heures, en dépit d’une pluie persistante tranchant avec le soleil californien habituel, les stars remontaient le long tapis rouge qui mène du Wilshire Boulevard aux portes du Beverly Hilton, l’hôtel où a lieu la cérémonie. A 17 heures, tout le monde était enfin parvenu à la salle de bal et le diner commencait sur la même note de décontraction, qui mène invariablement à la constatation que les Golden Globes sont de joyeuses retrouvailles, contrairement aux Oscars, empreints de solennité.
Derrière le glamour, les films de la cuvée 2009 pourtant ne brillent pas par la gaieté. Portrait d’un chanteur de country music déchu et alcoolique avec Jeff Bridges dans “Crazy Heart”, portrait d’une jeune Noire obèse avec Mo’nique dans “Precious”, portrait d’un homme qui pleure la mort de son partenaire avec Colin Firth dans “A single Man”, et portrait enfin d’une Amérique désenchantée et en crise avec George Clooney dans “Up in the Air”. Sans compter que les tragédies du monde réel n’etaient pas oubliées puisque beaucoup de stars portaient un ruban en solidarité avec les victimes du tremblement de terre en Haiti et que d’autres, comme Kevin Bacon, appelait publiquement à envoyer de l’argent là-bas à travers un lien placé sur son site web.

Le palmarès cependant contribua à alléger l’atmosphère. Sandra Bullock, qui elle-même a fait vendredi une donation d’un million de dollars pour Haiti, a remporté le prix de la meilleure actrice pour son rôle de mère de famille privilégiée qui prend un jeune Noir, doué pour le football, sous son aile pour le porter vers le succès dans le film “The Blind Side”, inspiré d’une histoire vraie. Drapée dans une robe violette vaporeuse ravissante, l’actrice a exprimé tout son bonheur d’avoir particip à une oeuvre si differente de tout ce qu’elle avait pu faire jusque là. Puis c’est Meryl Streep qui a reçu le Globe, son septième, de la meilleure actrice dans une comédie pour son interpretation de la célèbre cuisiniere americaine Julia Child dans le film “Julie & Julia”. Tres gracieuse dans un drapé beige clair, l’actrice a tenu à rester dans une modestie amusée: “J’ai joué si souvent des femmes remarquables dans ma longue carriere qu’on croit probablement que j’en suis une. Mais il est clair pour moi que je ne suis que le vaisseau des histoires, des vies d’autres personnes.”
Du cote des hommes, c’est Robert Downey Jr. qui a recu le Globe du meilleur acteur dans une comédie pour son rôle de Sherlock Holmes. Une récompense méritée pour un artiste de grand talent, qui a enfin surmonté ses demeles avec la drogue d’il y a quelques annees. Robert de Niro et Leonardo di Caprio ont offert a un Martin Scorsese très ému le Prix spécial Cecil B.deMille. Le réalisateur a largement rappelé l’oeuvre de ce dernier, et l’importance de restaurer les films, avec une citation de Faulkner: “Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé.” Puis c’est le veteran Jeff Bridges, pilier du monde du cinema depuis trente ans, fils et frère d’acteur, nominé plusieurs fois pour les Globes comme pour les Oscars et toujours malchanceux, qui a obtenu enfin le prix du meilleur acteur pour son interprétation touchante du musicien alcoolique dans “Crazy Heart”, une récompense qui lui a valu une standing ovation de toute la salle.
Et enfin, donné comme grand favori, le déjà célèbre “Avatar” remportait le prix du meilleur film. Avec cette aventure se déroulant sur une lointaine planète peuplée de guerriers à la peau bleue et filmée en 3-D à grands renforts d’effets speciaux, James Cameron signe là une oeuvre d’une grande beauté visuelle. Il a redit sa conviction que les effets speciaux seraient vraiment une composante importante de l’avenir du cinema. Dans un avenir plus proche, “Avatar” s’installe d’ores et d”ja comme un sérieux concurrent pour les Oscars…auxquels tout le monde commence à penser dès que les lumieres des Golden Globes s’éteignent. Rendez-vous début Mars.


Voila enfin une journaliste qui connaît son sujet !
On sent que Mme Sauvage frétille à son aise dans le milieu scintillant d’Hollywood comme une souris dans une fromagerie d’Androuet.
On en redemande. A bientôt, donc, pour les Oscars, vivement Mars !
YR
On en voudrait encore! J’ai bien aimé l’angle de vue pris par Ariane Sauvage pour nous faire entrer dans ce monde qui semble si factice…