Le journalisme de demain enseigné à Berkeley

helene-goupil-compresseeDans quelques mois, Hélène Goupil recevra un master’s de la prestigieuse école de journalisme de l’université de Berkeley. Cette Française, qui a passé une grande partie de sa vie aux Etats-Unis, n’est pourtant pas une journaliste débutante. Auteur d’un guide touristique sur San Francisco et ancienne rédactrice pour un magazine consacré à la France, elle a ressenti le besoin de passer par une école pour asseoir sa crédibilité. Mais aussi pour apprendre à maitriser les outils indispensables à l’ère des nouveaux média : vidéo, son, photo et développement web.

« L’école essaie de nous préparer à l’environnement d’aujourd’hui. Depuis 2009, grâce à une bourse, nous travaillons sur des sites web hyper-locaux dans des quartiers peu couverts par les média. Avec une équipe d’une quinzaine d’étudiants, nous avons lancé Mission Loc@l sur le quartier de Mission à San Francisco », explique Hélène.

Avec cette initiative, l’école a changé de braquet. Au lieu de mettre leurs articles en ligne sur un site de l’école ou sur leur propre blog comme par le passé, les étudiants participent à un véritable projet éditorial. Les habitants du quartier, sondés dès le départ sur leurs attentes, sont des lecteurs actifs et réactifs. L’équipe se réunit toutes les semaines dans un local loué dans le quartier pour des conférences de rédaction. Chacun leur tour, ils remplissent le rôle de rédacteur en chef.

Puis ils écument le quartier, micro et caméra en mains. « Les outils multimédia comme le HTML et le CSS sont enseignés de plus en plus tôt dans le cursus. La formation s’adapte constamment car le multimédia de 2001 est différent du multimédia de 2010 et ce sera peut-être encore différent dans 10 ans », affirme Hélène qui dit prendre plaisir à passer des heures avec Final Cut Pro pour monter un reportage vidéo ou avec Flash pour créer une présentation.

« Ce qui est génial, c’est de pouvoir essayer des choses pour lesquelles on n’aurait pas le temps ou le budget dans un journal. Je sais que je suis maintenant capable de faire de bons reportages pour un site », affirme Héléne. Mais est-ce que ce sera suffisant ? « Une formation qui mène au “New York Times” ou au grand journal local, c’est terminé. Mais j’en ai marre qu’on me parle de la mort du journalisme. On aura toujours besoin d’informations. »

Dans un environnement où les média traditionnels ont plutôt tendance à licencier qu’à embaucher, l’école offre un cours aux journalistes-entrepreneurs pour les encourager à tracer leur propre chemin. Il y a aussi le Bay Area News Project, un nouveau média qui pourrait attirer Hélène et ses futurs collègues. Lancé à l’initiative de l’école de journalisme de Berkeley et de la radio publique de San Francisco, il est financé par le mécénat et devrait voir le jour prochainement.

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