Prisons : le coût de la liberté - France USA Media

Prisons : le coût de la liberté

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Est-il bon être prisonnier en Californie à l’heure de la plus grande crise financière que l’Etat a jamais connu ? Oui et non, selon les scénarios imaginés par le gouverneur pour sortir du déficit abyssal dans lequel l’Etat est englué et qui atteint aujourd’hui près de 20 milliards de dollars.

Sur les 170 000 détenus californiens, 6 500 auraient de bonnes chances de voir leurs peines écourtées et de sortir de prison d’ici 2011. Ce plan annoncé en début de semaine par Sacramento vise à réduire les coûts engendrés par le grand nombre de détenus et pourrait économiser 500 millions de dollars aux contribuables. Il prévoit de libérer préventivement les détenus en fin de peine ainsi que les inculpés pour des crimes non violents. Ce programme cible également les agents responsables des détenus en liberté conditionnelle, qui seraient beaucoup moins nombreux.

Ce plan imaginé par la Californie est loin de faire l’unanimité : d’un côté le gouvernement fédéral qui espère voir 40 000 prisonniers hors des prisons californiennes - où les conditions de détention sont jugées inhumaines ; de l’autre, l’opinion publique globalement opposée aux libérations anticipées qui mettraient certains quartiers en état d’insécurité.

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Pourtant, cette solution trouvée à la surpopulation carcérale permettrait aux ex-prisonniers de participer à des programmes de réinsertion, depuis des séances de désintoxication jusqu’aux formations universitaires ou à l’intégration dans une unité de pompiers. Une sorte de seconde chance qui est devenue une denrée rare pour les prisonniers devenus trop nombreux. Le déficit fiscal a vu un grand nombre de ces programmes de réinsertion supprimés depuis l’année dernière.

Une chance qui n’est pas cependant envisagée pour tous. Lundi, le gouverneur Schwarzenegger suggérait aussi de soulager les prisons surpeuplées en envoyant des milliers de détenus sans papiers dans des établissements spécialement construits à cet effet au Mexique. “Je pense que nous pourrions faire beaucoup mieux au niveau du système carcéral si nous pouvions prendre les 20.000 détenus qui sont des immigrés clandestins et les emmener au Mexique”, a-t-il déclaré.
“Nous les payerions pour construire la prison au Mexique. (…) Cela réduirait les coûts de moitié de construire et de gérer la prison (au Mexique). Nous pourrions économiser un milliard de dollars immédiatement pour l’éducation”. Plus pour les écoliers, moins pour les prisonniers, la nouvelle équation financière californienne sonne déjà comme un slogan de campagne électorale.

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