Budget 2011 : les finances publiques américaines au bord du gouffre

Budget Capitol Hill

Une catastrophe. Telle a été la réaction de la plupart des auditeurs de NPR, la radio publique américaine, mardi matin, après l’annonce du projet de budget du gouvernement pour l’année 2011. Le projet de loi, présenté devant le Congrès par le secrétaire au Trésor Tim Geithner et le directeur du bureau budgétaire de la Maison Blanche Peter Orszag, doit être validé par les deux chambres. Pour beaucoup, un chiffre a choqué : 3,69 billiards de dollars de dépenses ! “Je ne pensais pas que nous étions si près de la catastrophe”, a déclaré, déprimé, un auditeur de Californie.

Ainsi, le chiffre avancé fait l’effet d’un coup de tonnerre auprès d’une population déjà assomée par la crise. “C’est un budget qui reflète les défis que le pays doit relever” a lancé le président Obama, forcé à l’optimisme. D’où les 3% de dépenses supplémentaires par rapport au budget 2010, le premier forgé par l’équipe Obama. De fait, ce budget fait la part belle à la Défense et à la Sécurité nationale (738 milliards), au financement des retraites (738 milliards également) et au divers programmes de santé (Medicare, Health Care : 753 milliards). Mais, selon la Maison Blanche, c’est aussi un budget de “relance” après la crise. Ainsi, 100 milliards de dollars doivent aider la création d’emplois. Beaucoup sera aussi investi dans l’éducation, la recherche scientifique et les nouvelles technologies. Enfin, les foyers cumulant un revenu supérieur à 250.000 dollars par an paieront plus d’impôt, afin de soulager les classes moyennes.

Geithner testifies in Washington

“Nous sommes en guerre. Le pays a perdu 7 millions d’emploi ces deux dernières années et notre gouvernement est profondément endetté”, a analysé Barack Obama. Le démocrate a également tendu la main à l’opposition républicaine, qui fustige déjà un “laisser-aller” des dépenses publiques. “J’accueillerai toutes les idées, d’où qu’elles viennent”, a repris le président. Les Américains voteront en novembre 2010 pour des législatives déjà présentées comme un sérieux test pour Obama. La bataille du budget ressemble déjà à une première manche.

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