Les magasins d’animaux bannis à West Hollywood
Par Guillaume Serina | 18/02/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Société“Et il est où, hein, le Youki ?” Il sera en tout cas plus difficile de le trouver, désormais, à West Hollywood. Le conseil municipal de cette ville enclavée dans l’agglomération de Los Angeles a voté à l’unanimité, mardi soir, l’interdiction des magasins de vente d’animaux de compagnie. C’est une immense victoire pour les nombreux lobbies, associations et autres groupes de pression de défense des animaux. “Champagne !”, s’est même exclamée Carole Raphaelle Davis, de la Companion animal protection Society sur la côte Ouest. “Et maintenant, nous allons combattre à l’échelle de Los Angeles. Nous voulons que tous les magasins de la ville deviennent humains !”
Pourtant, la ville de West Hollywood n’avait aucun magasin de la sorte sur son territoire. C’est donc une réglementation préventive. Il s’agit de la deuxième ville dans tous les Etats-Unis à prendre une telle mesure. Mais à West Hollywood, “capitale” homosexuelle de la région, beaucoup de couples sans enfants ont des chiens ou chats. “Les gens lèvent les yeux aux ciel et disent qu’on est fous (de voter cette mesure), assure Jeffrey Prang, conseiller municipal. Mais il suffit de constater les innombrables abus commis” dans ce type de magasins. “Il fallait donc agir”, reprend-il.
De fait, l’achat et la vente de chats et de chiens est un véritable business en Californie (voir notre reportage). Ces boutiques, que l’on surnomme puppy mills ou kitten factories (moulins à chiots et usines à châtons), produisent dans les vitrines de très nombreuses petites bêtes, qui seraient maltraitées selon les associations de défense des animaux. De plus, alors que les Américains dépensent plusieurs milliards de dollars chaque année pour leurs animaux de compagnie (selon la Humane Society of the United States), entre 3 et 4 millions d’animaux sont euthanasiés chaque année dans le pays. L’an dernier, ce fut le cas de 35.000 chiens et 67.000 chats à Los Angeles. Bref, il y en a trop !
Ces dernières années, les militants pro-animaux avaient déjà remporté la guerre du vocabulaire. Le mot “companion” a remplacé le terme de “pet” et on appelle désormais un “maître” un “gardien”.
