Superbowl : le renaissance de la Nouvelle-Orléans par le sport
Par Rémi Reverchon | 06/02/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Société
Les Saints de la Nouvelle-Orléans affrontent dimanche les Colts d’Indianapolis dans le Superbowl, la finale du championnat de football américain. Quatre ans et demi après l’ouragan Katrina, ils sont le symbole du renouveau de la Nouvelle Orléans.
« Ils ont enlevé l’équipe de foot, l’équipe de basket. Maintenant il ne reste plus que moi pour représenter la Nouvelle-Orléans. Vous entendez encore un rythme ? Du cœur, des souhaits et des prières. » Ces paroles sont signées Lil Wayne, rappeur superstar aux Etats-Unis, juste après le 29 août 2005. Ce jour-là, l’Ouragan Katrina dévaste la grande ville de Louisiane. Et quand, quelques semaines plus tard, l’heure est à la reconstruction, le constat est terrible. La ville a perdu l’une de ses plus grandes sources d’inspiration avec la musique : le sport. Les deux fleurons de la cité, les Saints, équipe de football américain, et les Hornets, équipe de basket, ont toutes les deux dû déménager. Privés de leur Superdôme, dont le toit à été arraché à 70%, les Saints vont trouver refuge à San Antonio, au Texas. Les basketteurs, eux, mettent le cap vers Oklahoma City.
Coup du hasard, c’est dans la foulée du drame que l’arrivée de deux figures majeures va changer la donne. Les footballeurs font l’acquisition d’un nouveau quarterback, le leader sur le terrain : Drew Brees. Joueur expérimenté et charismatique, il est intronisé ambassadeur médiatique de la Nouvelle-Orléans. « J’avais l’opportunité de venir ici pour non seulement essayer de ramener cette équipe vers la victoire, mais aussi pour aider à reconstruire cette ville, cette région, explique-t-il aujourd’hui. Combien de gens ont l’occasion dans leur vie de faire partie de quelque chose d’aussi grand ? » Côté basket, les Hornets font signer un tout jeune meneur de jeu du nom de Chris Paul. 20 ans, une gueule d’ange, un comportement de gendre idéal et surtout des qualités de basketteur hors du commun.
Presque cinq ans plus tard, les deux hommes sont devenus des icônes du sport américain. Chris Paul a emmené ses Hornets en demi-finale de conférence NBA en 2008. Et en battant les Minnesota Vikings il y a deux semaines, Drew Brees offre aux Saints le premier Superbowl de leur histoire, née il y a 43 ans. « Cette région était totalement dévastée », raconte Jim Caldwell, coach des Colts, l’adversaire d’aujourd’hui. « Et les Saints lui ont rapporté beaucoup de fierté. L’enthousiasme qui entoure cette équipe est tout simplement incroyable. » Après la demi-finale gagnée, le Times Picayune, quotidien pourtant réputé impartial, titrait : « Notre équipe. Notre ville. Notre époque. » Les Saints ne partent pourtant pas favoris aujourd’hui. Peu importe, ils ont déjà gagné.

