A New York, c’est enfin Let it bee
Par Guillaume Serina | 18/03/2010 | Catégorie: Art de Vivre, Humeur du JourAuteur : Alexis Buisson
C’est une victoire au goût de miel pour les apiculteurs new yorkais, comprenez à savourer sans modération. La semaine dernière, le département de la santé de la ville a légalisé l’apiculture urbaine, c’est-à-dire la production de miel en ville, régularisant une pratique qui s’est développée en cachette pendant des années.
L’interdiction des ruches en ville a été décrétée en 1999 par l’administration Giuliani. Le maire avait fait interdire plusieurs espèces d’insectes et animaux jugés dangereux pour l’Homme. En plus des abeilles, les furets, les serpents, les crocodiles et curieusement les zèbres ont été bannis. Malgré une pénalité tutoyant les $2 000, de nombreux apiculteurs new-yorkais ont installé ou ont continué à entretenir des ruches dans leur jardin ou sur leur rooftop, profitant d’une application laxiste de la loi. Avec la médiatisation croissante des bienfaits de la production de miel en ville - notamment la pollinisation des espaces verts - et l’installation par Michelle Obama d’une ruche sur la pelouse de la Maison Blanche, la communauté apicole de New York avait des arguments de poids pour demander la fin de l’interdiction. D’autres villes avaient d’ailleurs sauté le pas bien avant New York : Paris notamment a fait installer des ruches sur le toit du Grand Palais et dans le Jardin du Luxembourg.
Espérons que la lune de miel entre les abeilles et les new-yorkais dure. Pour rassurer, les défenseurs de l’apiculture urbaine rappellent que leurs bêtes préférées ne piquent que lorsqu’elles se sentent menacées. Les ruches étant faciles d’installation et potentiellement très lucratives, ils espèrent même que l’apiculture fera rapidement de nouveaux adeptes en ville. Une tendance bienvenue à l’heure où des colonies entières d’abeilles sont décimées par les effets du changement climatique et les pesticides.
