Ces Américains qui refusent la réforme de la santé
Par Isabelle Boucq | 22/03/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Politique USAlors que le Congrès américain vient de voter la loi de la réforme de la santé dimanche soir (219 voix contre 212), des manifestants hurlaient « Kill the bill » à Washington dans le courant de l’après-midi. Dans la petite ville de Lafayette en Californie, une vingtaine de protestataires se sont réunis dimanche après-midi sur un pont enjambant une autoroute pour crier leur haine de la réforme.
Avec son tee-shirt estampillé « Buck Ofama », Amanda est en colère. « Nous sommes fauchés, nous ne pouvons pas nous permettre cette réforme », avance cette femme qui est assuré grâce à son employeur. Depuis un an, elle participe à des « tea parties » organisées par le mouvement conservateur qui s’oppose aux changements voulus par le président Obama.
Quelques pas plus loin, Heather est justement une des organisatrices de East Bay Tea Party. « Ce n’est pas une question de santé, c’est une question de contrôle. Cette réforme est anti-américaine. Nous ne sommes pas un pays socialiste. Je suis Américaine, ok ? », clame-t-elle avec véhémence.
Selon elle, le point de vue des 75% de ses compatriotes qui sont contre cette réforme n’a pas été écouté. Il a même été ridiculisé. En vérité, la réforme de la santé n’est qu’un de ses chevaux de bataille. « Je suis en colère à cause de beaucoup de choses qui se passe en ce moment. On nous avait promis de la transparence, mais on nous force à accepter des deals passés en secret. »
Pour Heather, cette réforme est une porte ouverte à de futurs abus. « Que va-t-il se passer lorsqu’ils vont voter l’amnistie pour les immigrés illégaux ? On va devoir payer pour eux aussi. » Elle offre quelques suggestions pour ramener le système de santé à la raison sans réformer un système qui marche « pour 80% des gens » selon elle. « Arrêtons les procès frivoles, donnons des crédits d’impôt aux gens pour qu’ils s’achètent une assurance santé. »
« Je veux sauver notre liberté pour les futures générations », professe Fred, un avocat qui n’avait pas d’assurance avant de fonder une famille. « Comme il n’y aura pas assez d’argent pour tout payer, les soins seront rationnés », prévient-il.
Jon, lui aussi avocat, est en pleine discussion avec Fred. Il est venu soutenir la réforme d’Obama quand il a entendu parler de cette manifestation. « La réforme n’est pas parfaite, mais c’est un pas dans la bonne direction. J’avais été si déçu que Clinton ne passe pas sa réforme », explique ce trentenaire. Alors que les manifestants se dispersent tranquillement, le Congrès est en train de voter. Fred et Jon se séparent en se serrant la main.

