Les cerveaux étrangers fuient la Silicon Valley
Par Guillaume Serina | 26/03/2010 | Catégorie: Economie, Humeur du Jour, SlideshowLa tendance semble sérieuse. Les ingénieurs et scientifiques d’origine étrangère restent de moins en moins dans les entreprises américaines technologiques dans la Silicon Valley. C’est du moins ce que rapporte une étude de Silicon Valley Index, qui, chaque année, fait le point sur l’économie de ce bassin technologique au sud de San Francisco (Californie). Et cette fois-ci, la nouvelle est alarmante.
“Nous sommes au milieu d’une période d’immense fuite des cerveaux, confirme Vivek Wadhwa, professeur à Harvard, cité par USA Today. Pour la première fois, les immigrants ont de meilleures opportunités à l’étranger qu’aux Etats-Unis”. Concrètement, seulement 16,6% des employés dans les new tech dans la Valley étaient d’origine étrangère en 2007. Quatre ans auparavant, ils étaient 18,4%. Et l’hémorragie continue.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce phénomène, nouveau en Californie. D’abord, l’Inde et la Chine, gros pourvoyeurs de cerveaux en sciences, sont devenus très attractifs. Résultat, après quelques années passées dans les universités de Berkeley, Stanford ou au California Institute of Technology (à Pasadena), et un premier emploi, ces jeunes cerveaux préfèrent rentrer dans leurs pays. Par ailleurs, le coût de la vie en Californie est devenu exhorbitant avec la crise économique. Et enfin, les politiques d’immigration demeurent sévères aux Etats-Unis, seulement 120.000 à 140.000 visas de travail temporaire étant octroyés chaque année.
“Cela n’a aucun sens de mettre de si hautes barrières pour les gens talentueux”, estime Brad Feld, cofondateur de Start up Visa project. Dans le même sens, les sénateurs John Kerry (démocrate, Massachusetts) et Dick Lugar (républicain, Indiana) ont déposé un projet de loi le mois dernier visant à donner un visa de deux ans à un entrepreneur étranger dont l’entreprise accueillerait un investisseur américain. Comme quoi, à Washington, on prend le problème au sérieux.