Richard Garriott : l’homme qui dit posséder un bout de lune
Par Barbara Klein | 25/03/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Société
Lorsqu’en 1993 Richard Garriott devient propriétaire d’un orbiter posé sur la lune, il ne pense pas entendre un jour de nouveau parler de lui. À ce moment-là, Lunokhod 2, petit robot russe perdu sur la lune et qui ne donne plus de signes de vie depuis de nombreuses années, fait partie d’un catalogue de la maison Sotheby’s, organisatrice d’une vente aux enchères d’objets issus de l’Union Soviétique. Richard Garriott milliardaire anglo-américain qui a fait fortune dans l’industrie du jeu vidéo, l’achète et s’amuse à s’auto proclamer « unique être humain à posséder un objet situé sur un autre corps céleste».
C’était compter sans la poursuite des progrès technologiques…Cette semaine, des chercheurs canadiens ont localisé l’engin, grâce à des photos prises par la Nasa. Au milieu des cratères lunaires, les clichés montreraient le robot mais aussi les traces de son parcours sur le sol, du temps de son bon état de fonctionnement.
Et voilà Richard Garriott qui refait parler de lui et qui se déclare désormais propriétaire d’un bout de la lune ! « Je pense que personne ne peut contredire le fait que je suis propriétaire de ce robot, explique-t-il tout sourire. Mais ce qui est intéressant, c’est de spéculer sur les droits de propriété, car s’il existe des traités internationaux qui stipulent qu’aucun gouvernement ne peut prétendre posséder un territoire en dehors de la planète terre, je suis tout de même le seul être humain à détenir un objet situé sur la lune… En tant que tel, je pourrais avancer que le territoire sur lequel ce robot est posé est sous mon contrôle. Peut-être même pourrais-je revendiquer la propriété de l’ensemble du chemin qu’il a parcouru… »
Ne pas se méprendre sur l’homme ! Richard Garriott n’est pas sérieux, il ne cherche pas à s’attaquer à des Etats. Il prend juste un malin plaisir à soulever la question. À 49 ans, il se définit lui-même comme un grand enfant, qui poursuit toujours ses rêves. Richard Garriott remercie la bonne étoile, qui lui a permis de faire fortune et de se payer un voyage dans l’espace pour 27 millions d’Euros. En octobre 2008, il a ainsi passé douze jours à bord de la navette russe Soyouz et est devenu le sixième touriste spatial. «Voir la terre depuis l’espace est une expérience que je souhaite à tout le monde, dit-il. L’idée que l’on a du monde et de la place de l’homme dans ce monde change rien qu’en regardant par le hublot. Non seulement la vue est magnifique, mais c’est aussi un extraordinaire moyen d’apprendre sur cette planète. Il faut savoir que dans la navette, vous faites le tour de la terre toutes les 90 minutes et que vous assistez au lever et au coucher du soleil toutes les 45 minutes. Vous voyez donc le monde entier plusieurs fois par jour ! Cela permet d’apprendre énormément sur la minéralogie, sur la tectonique des plaques, sur l’érosion due à l’eau et au vent et surtout, cela permet de se rendre compte qu’il n’y a pas un seul endroit au monde qui ne soit pas occupé par l’homme.»
Richard Garriott entend, lui, poursuivre sa conquête de l’espace ! D’ici 3 à 5 ans, il envisage de partir aux commandes d’un véhicule, qu’il positionnera à une centaine de kilomètres au-dessus de la terre. De là, il compte s’élancer dans le vide, emmitouflé dans une combinaison spatiale et équipé d’un parachute pour atterrir sur la terre. Et évidemment, personne ne l’a encore jamais fait…