Toyota : la descente aux enfers continue aux Etats-Unis
Par Laureen Ortiz | 11/03/2010 | Catégorie: Economie, Humeur du Jour« The runaways », ce mot revient sans cesse en ce moment aux Etats-Unis. Certes titre du film phare du dernier festival Sundance, c’est surtout celui que l’on pourrait donner à la descente aux enfers de Toyota. Utilise pour évoquer ces voitures qui partent en furie, boostées par une mystérieuse accélération (dont Toyota est incapable de fournir une explication), il vient d’entâcher l’image de la populaire Prius, cette hybride tres prisée par les Californiens et les écolos. Cette semaine, c’est en effet une Prius qui s’est emballee sur 50 kilomètres. James Sikes, au volant de ce modele 2008 près de San Diego, a tout essayé ; retirer le tapis de sol, décoincer la pedale à la main, mais rien ne freinait le bolide lancé a plus de 140 km/h. C’est grâce à l’aide d’un patrouilleur d’autoroute qu’il est parvenu à mettre un terme à cette course dont le niveau d’angoisse n’a rien a envier aux thrillers.
Le patrouilleur, hurlant dans son haut-parleur, a exhorté Sikes à forcer sur le frein à main et à appuyer simultanement sur la pedale de frein. Dans l’effort, celui-ci n’était « même plus assis sur son siege », a-t-il raconté. La voiture a fini par redescendre à une vitesse normale et le conducteur a coupé le moteur de sorte a ralentir progressivement. Au même moment, au siège de Torrance (Californie), Toyota s’efforcait de convaincre la presse que tout cela n’avait rien à voir avec un problème électronique, comme le soutiennent des experts. Le pire, c’est que ce conducteur malchanceux avait reçu une lettre de rappel pour sa Prius, l’avait ramenée à un concessionnaire où on lui avait dit que sa voiture n’était pas concernée (certaines Prius ont fait l’objet d’un rappel, qui vise le tapis de sol et non le probleme d’accélération).
C’est un exemple de plus de ces incidents de communication que Toyota semble ne plus maîtriser. Et on peut franchement douter que la grande campagne publicitaire (presque pathétique) lancee par le constructeur nippon sur la « sécurité » et la bonne volonté de ses revendeurs rassure les automobilistes américains. Les parts de marche de Toyota sont déjà retombées à un plus bas en cinq ans. Et la mesaventure Prius va abimer l’image d’un modèle symbolique et jusque-là très prometteur. C’est tout réfléchi pour Spikes en tout cas : « J’adore les Toyota, mais je ne conduirai plus de Prius », a-t-il dit a la presse.

