En Californie, la dernière usine automobile met la clé sous la porte - France USA Media

En Californie, la dernière usine automobile met la clé sous la porte

San Francisco - France USA Media

Toyota recalls

Pas de manifestations dans les rues, pas de cadres séquestrés dans leur bureau, pas de bonbonnes de gaz prêtes à exploser. Aux Etats-Unis, on ferme les usines dans la plus grande discrétion. A Fremont, ce sont pourtant 4 600 salariés qui se retrouvent à la rue et 5 000 autres emplois locaux qui sont menacés dans une Californie affligée d’un taux de chômage de 12,5%.

En août dernier, Toyota annonce la fermeture de Nummi (New United Motor Manufacturing, Inc), une usine qui fonctionnait depuis 1984 sous la forme d’un partenariat avec General Motors. Avec le retrait de GM pour cause de faillite, le constructeur japonais estime qu’il ne peut plus continuer malgré les propositions d’aide que le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, détaillait dans cette lettre l’été dernier. La fermeture est annoncée pour la fin mars 2010. Elle a lieu ce 1er avril selon un calendrier inexorable.

2010 St. Louis Auto Show

A la mi-mars, le syndicat United Auto Workers Local 2244 a mis au vote l’accord négocié avec la direction. Le « severance package » est compris entre 21 000 et  70 000 dollars en fonction de l’ancienneté (15 500 à 51 800 euros). Versées par Toyota un mois après la fermeture de l’usine, ces indemnités sont garanties même si Nummi déclarait faillite.

La mort dans l’âme, les membres du syndicat ont approuvé l’accord à 90%. Le négociateur du syndicat affirme avoir obtenu 6 000 dollars supplémentaires par salarié par rapport à l’offre initiale. « On n’aura rien de plus », ont estimé les salariés en masse.

Depuis deux semaines, les équipes sont licenciées au fur et à mesure que les chaînes ferment. Le dernier pick-up Tacoma, puis la dernière Corolla sont sortis de l’usine. Dans les petits restaurants du coin, les ouvriers se rassemblent une dernière fois autour d’un verre. Certains ont travaillé toute leur vie dans cette usine que GM avait inaugurée en 1963.

Ford Explorer Chicago

Les ex-salariés sont éligibles pour le programme fédéral « Trade Adjustment Assistance » qui rallonge la durée des indemnités chômage et accorde un crédit d’impôt pour couvrir leurs frais d’assurance santé. Le comté vient de débloquer 1,9 million de dollars que le syndicat utilisera pour des formations et l’aide au reclassement. L’industrie locale étant moribonde, les ex-Nummi devront se reconvertir dans de nouveaux domaines, comme la santé, ou accepter de déménager dans d’autres états comme le Texas grâce à une petite aide financière.

Ah oui, l’accord comprend une dernière clause. Le syndicat ne peut pas commenter la fermeture de l’usine et l’impact sur les salariés. Il lui est formellement interdit de « dénigrer » la compagnie dans les médias.

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