La journée nationale de prière va-t-elle disparaître du calendrier américain ?
Par Barbara Klein | 06/05/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Slideshow, Société
Depuis 1952 aux Etats-Unis, chaque premier jeudi du mois de mai est journée nationale de prière. Ce jour-là, les Américains sont appelés à se tourner vers Dieu et à méditer. Tous les présidents se sont pliés au rituel et Barack Obama ne fait pas exception à la règle. Mais cette année, cette journée de recueillement se déroule dans un contexte plus polémique que d’ordinaire. Jusque-là en effet, il ne s’était agi que de quelques remarques de la part d’associations, qui dénonçaient cet appel général à la prière, dans un pays où Eglise et Etat sont officiellement séparés. 2010 marque un changement de ton dans la polémique puisqu’un juge du Wisconsin vient de donner suite à la plainte déposée par ces associations. Barbara Crabb (la juge) estime que l’institution d’une telle journée est inconstitutionnelle : « Prier est un acte très personnel, explique-t-elle, le gouvernement ne doit pas user de son autorité pour influencer la décision d’un individu, lui dire quand et comment prier ». Pour Annie Laurie Gaylor, présidente de l’association « Freedom From Religion Foundation », c’est comme si le président lui rappelait qu’elle devait croire en un Dieu et que quelque chose ne tournait pas rond chez elle si ce n’était pas le cas.
Les défenseurs de la coutume, eux, mettent en avant l’aspect fraternel et solidaire d’une telle journée, qui rassemble toutes les religions, puisqu’il s’agit de prier Dieu, que l’on soit catholique, protestant, musulman, juif, bouddhiste etc. « Dénoncer cette journée, dit Michael Calhoun porte-parole du groupe de défense de la journée nationale de prière, c’est s’attaquer à un héritage de l’histoire américaine, dont la tradition remonte aux Pères Fondateurs. Sous prétexte qu’elles sont contre, certaines personnes aimeraient tout simplement faire interdire cette journée, mais nous ne voulons pas faire partie de la génération qui la fera disparaître ».