L’Amérique shootée à la méthamphétamine
Par Cécile Grégoriades | 07/05/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Slideshow, Société
Les Américains n’en ont pas fini avec la méthamphétamine, cette drogue peu chère et extrêmement addictive. Arrivée d’Asie aux Etats-Unis à la fin des années 80, sa consommation reste confinée à certains milieux. Mais elle se propage rapidement d’autant plus qu’elle est facile à produire à l’aide de décongestionnants vendus en pharmacie. Selon la Drug Enforcement Administration américaine, près de 12 millions de personnes aux Etats-Unis ont touché à la méthamphétamine, soit 5% de la population âgée de plus de 12 ans.
Face à ce fléau, les autorités ont rendu la production de “meth” plus difficile et les laboratoires de fabrication ne sont plus aussi prospères. Mais les consommateurs ont trouvé un moyen d’élaborer leur drogue sans se faire prendre. Ils improvisent leurs laboratoires sur le siège arrière de leur voiture.
Le chef de la police du comté d’Elkhart en Indiana raconte au New York Times trouver sur le bord des routes des sacs plastiques remplis de détritus toxiques ayant servis à l’élaboration de méthamphétamine. “Les gens se débarrassent de leur “meth lab” en mettant tout dans un sac plastique et le jette par la fenêtre”, explique William Wargo. C’est la dernière trouvaille des dealers pour ne pas se faire attraper et effacer toute preuve.
L’Oklahoma, l’Indiana, le Michigan ou encore le Tennessee ont tous constaté une augmentation significative de ces laboratoires ambulants qui requièrent peu de préparation élaborée. Le processus a d’ailleurs été surnommé “shake and bake” car il suffit de mélanger de la pseudoephedrine (un décongestionnant) avec des produits domestiques chimiques (ammoniaque, solvants) pour obtenir la précieuse drogue.
“On est débordé”, confie William Wargo. Mais la différence avec les laboratoires informels autrefois établis dans des maisons, c’est que ces laboratoires ambulants sont beaucoup plus petits et les quantités sont par conséquents moins importantes. Ceux qui préparent la méthamphétamine dans leur voiture sont souvent les consommateurs finaux, pas des dealers. “On pensait avoir la situation sous contrôle, mais maintenant on constate à nouveau une reprise de la production de meth”, se désole le directeur du bureau des stupéfiants de l’Oklahoma.
Surnommée la “cocaïne du pauvre” parce qu’elle peut être fabriquée à domicile et à moindre coût, la méthamphétamine fait des ravages en particulier dans l’Amérique pauvre et rurale.
