Pas de crise pour les coaches
Par Rémi Reverchon | 11/05/2010 | Catégorie: Economie, Humeur du Jour, Slideshow
Los Angeles (Californie) - France USA Media.
Dans un pays qui vit pour l’amour de ses équipes sportives, la situation a longtemps été considérée comme normale. Par comparaison, pour un professeur de math disposant d’un Master’s degree (diplôme équivalent à un bac +5) et de dix années d’expérience, le barème des lycées prévoit un salaire annuel de 53 953 dollars. Soit la moitié de ce que touche Croson pour coacher l’équipe de football et prendre en charge une classe de deux heures par semaines d’éducation physique. Seulement aujourd’hui, en ces temps difficiles, certaines voies s’élèvent contre de telles dépenses : « En utilisant autant de ressources pour un coach au lieu de s’en servir pour nos besoins d’éducation, on déforme l’importance du sport aux yeux des enfants, » explique Michael Josephson, professeur d’éthique. Rien que pour cette année scolaire, l’ensemble des collèges et lycées du district de Californie annoncent ainsi un déficit de 640 millions de dollars.
Pourtant, d’un point de vue purement financier, la démarche découle d’une certaine logique. En recrutant un coach compétent, un lycée prend le pari que son équipe de football va se mettre à gagner, ce qui va permettre de rehausser la réputation de l’établissement, et d’attirer plus d’étudiants qui paieront leurs droits annuels. Bill Redel par exemple, coach du lycée d’Oak Christian, touche lui aussi près de 100 000 dollars par an. Depuis son arrivée, l’équipe remporté six championnats inter-districts et, comble de la gloire, un championnat de l’état de Californie. Résultat, en six ans, le nombre d’élèves dans le lycée est passé de 160 à 1119 (cette année), chacun déboursant 23 860 dollars par an en droits d’inscription.
Quand il s’agit de justifier leur salaire, ces coaches grassement payés n’affichent clairement pas le moindre remord. « J’ai tellement plus de responsabilités et de travail qu’un enseignant, raconte Ed Croson. Je travaille le samedi. Je travaille le dimanche. J’étudie des vidéos de matches toutes les nuits. Je ne pense pas que l’on puisse comparer cela au travail d’un professeur. » Et tant que les résultats sportifs sont au rendez vous, et donc par mouvement de balancier l’apport financier également, cette logique est bien difficile à contrer.

