San Francisco gère la crise budgétaire avec imagination
Par Isabelle Boucq | 22/05/2010 | Catégorie: Economie, Humeur du Jour, SlideshowSan Francisco (Californie) - France USA Media.
En Californie, la crise budgétaire n’épargne personne. Avec un budget en déficit de 522 millions de dollars, la ville de San Francisco a dû prendre des mesures drastiques. Pour faire des économies, le maire de la ville, le médiatique Gavin Newsom, a fait preuve d’imagination. Sa solution : licencier 17 000 employés municipaux de leur contrat de 40 heures hebdomadaires pour les réembaucher à 37,5 heures. Les courriers avaient été préparés avant que les 26 syndicats concernés n’aient eu vent de l’affaire.
Pas très contents, ils ont rencontré le maire qui leur a promis qu’il était ouvert à d’autres solutions qui permettraient des économies similaires. A en croire les syndicats, le maire s’est surtout rendu compte qu’il n’allait pas pouvoir dicter ses conditions à un groupe bien organisé. « Nos avocats nous ont dit que son projet n’était pas légal et le maire a compris que nous pourrions avoir gain de cause devant la justice. Mais nous étions bien conscients qu’il y avait un vrai problème à régler », explique Bob Muscat. Il est le directeur de Local 21, un syndicat de personnel technique affilié à l’AFL-CIO, et le principal négociateur de l’accord passé avec la ville de San Francisco.
Réunis au sein du Public Employees Committee, 22 des syndicats ont proposé au maire une nouvelle solution : 12 jours annuels non travaillés et non payés (furloughs). D’après les syndicats, leur solution est satisfaisante pour tout le monde. Contrairement au projet du maire, les furloughs n’affectent pas les retraites et entrainent une réduction de salaire moins importante pour les employés. Au lieu de 1 500 licenciements secs, il ne devrait y en avoir que 425. Pour la ville, l’économie est presque la même car les furloughs s’appliquent à un plus grand nombre d’employés. D’où la description de « sacrifice partagé ».
L’accord qui est encore en cours de ratification par les membres des syndicats semble faire l’unanimité. Toujours selon Bob Muscat, il donne aussi une voix aux employés municipaux. « Nous avons négocié pour que les employés aient leur mot à dire pour améliorer l’efficacité dans différentes pratiques comme les achats et les recrutements. C’est nouveau. »
Ce qui est également nouveau, c’est que les syndicats se soient assis ensemble autour de la même table pour faire front commun. Du coup, Bob Muscat reçoit tous les jours des appels d’autres syndicats intéressés par son expérience.

