Une troisième femme à la Cour Suprême ?
Par Guillaume Serina | 10/05/2010 | Catégorie: Humeur du Jour, Politique US, SlideshowLe choix de “l’excellence”. Barack Obama ne cachait pas sa fierté, ce matin à la Maison Blanche, lorsqu’il a présenté au public Elena Kagan. Cette juriste de haut vol a été désignée par le président des Etats-Unis, comme le stipule la Constitution, pour intégrer la Cour Suprême à la place de John Paul Stevens, nommé par Richard Nixon, et qui prend sa retraite. Kagan doit encore être confirmée par le Sénat, après plusieurs jours d’auditions comme le veut le processus.
Tout au long de son parcours, Elena Kagan a su acquérir la confiance “à travers tout l’éventail idéologique”, a déclaré Barack Obama. “Elle a l’habitude de comprendre avant d’être en désaccord” et “elle est ouverte sur un grand nombre de sujets divers”, a ajouté le président devant la presse. Autre avantage présenté par Obama : “elle a su convaincre les conservateurs”, lorsqu’elle était à la tête de la Faculté de Droit de Harvard.
Kagan, si sa nomination est confirmée, sera la troisième juge de sexe féminin à siéger dans la plus haute juridiction du pays, au côté de Sonia Sotomayor (également désignée par Obama) et Ruth Ginsburg. Une première dans l’histoire de l’institution. Son arrivée provoquerait une autre nouveauté : aucun des neuf juges ne seraient protestants, Kagan étant juive et la Cour comptant déjà six catholiques et deux juifs. Un détail intéressant pour les historiens.
Kagan serait également la seule à ne pas être juge de métier. Elle est ce qu’on appelle aux Etats-Unis une scholar. Elle a enseigné dans les années 1990 l’université de Chicago, où elle a rencontré Barack Obama lorsqu’il était professeur de droit constitutionnel. Elle est également passé, comme élève puis comme présidente, à Harvard. Elle travaille actuellement à la Maison Blanche comme solicitor general et est proche personnellement du président.
Cette nomination est une décision stratégique importante pour Obama, mais aussi pour l’avenir de la nation. Récemment, les votes au sein de la Cour se sont fait à des majorités de 5 contre 4. Elle remplace John Stevens qui, au fil des années, était devenu comme le juge le plus “progressiste”, bien qu’il soit un républicain modéré. Kagan le “remplacera”-t-elle, défendant avec conviction des mesures libérales ? Rien n’est moins sûr : ses opinions politiques et sur les grandes questions de société ne sont pas réellement connues publiquement. Pour rappel, des thèmes comme la peine de mort ou le droit à l’avortement sont régis aux Etats-Unis par des arrêts de la Cour Suprême et non des lois votées par le parlement. L’enjeu est donc de taille.

