Une « estate sale » pour liquider une vie entière de possessions - France USA Media

Une « estate sale » pour liquider une vie entière de possessions

San Francisco (Californie) - France USA Media.

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A la mort de leurs parents, beaucoup d’Américains n’ont pas le courage de trier 60 ans d’objets et de souvenirs. Heureusement que des professionnels des « estates sales » adorent ce travail de nettoyage, de mise en valeur et de vente. C’est le cas du jeune trio qui a fondé Old Hats il y a environ un an à San Francisco.

Alex Hialy et ses deux compères ont transformé leur passion pour les vieux objets en tous genres en une entreprise appelée à la rescousse par les familles et les agents immobiliers chargés de vendre une propriété.  Old Hats se déplace pour voir si le jeu en vaut la chandelle, puis signe un contrat : un tiers de la vente leur revient. S’ils se chargent de tout nettoyer après la vente, c’est un forfait journalier en plus. La dernière étape est de donner les meilleurs objets à des associations caritatives et d’emmener le reste à la décharge. Et voilà comment on liquide une vie entière.

Pour préparer une maison, il faut une dizaine de jours. « Après une journée de travail, on est vidé de son énergie. On reconstitue la vie de la personne sans jamais l’avoir rencontrée. Parfois, il y a des odeurs très fortes. En même temps, c’est palpitant de dénicher tous ces objets », explique Alex Hialy qui se souvient de la découverte d’une lettre de rupture datant des années 30 ou de celle d’une pièce d’or rare dans une petite boite au fond d’un placard.

Le talent des organisateurs est de mettre les objets en valeur dans la maison. Le vendredi matin, traditionnellement le premier jour de la vente, les antiquaires et collectionneurs professionnels font la queue à l’extérieur, parfois plusieurs heures avant l’ouverture des portes. « La compétition est rude entre eux, il y a des confrontations parfois », confirme Alex. « C’est aussi une des rares occasions aux Etats-Unis où on peut marchander. »

Le samedi est le jour des badauds et, quand arrive le dimanche, les amateurs de bonnes affaires sont à l’affût car tout est à moitié prix. « Nous utilisons la bibliothèque et Internet pour estimer la valeur des objets. Parfois, nous faisons appel à des amis pour leur expertise », raconte cette chineuse devenue professionnelle. « On s’arrange pour mettre les bijoux et les objets de valeur près de la caisse car c’est très facile de voler dans les estate sales. » Au final, une vente rapporte en moyenne 5 000 à 6 000 dollars  à la famille.

« Les acheteurs apprécient la qualité. Si ces objets ont déjà duré 50 ans, ils dureront encore. Les détails et la qualité du travail sont inégalés aujourd’hui. En plus, ils sont sûrs que leurs voisins n’auront pas acheté la même chose à Ikea », explique Alex. « Et puis, c’est génial pour faire des économies. » Et n’oublions pas le plaisir un peu étrange de pénétrer dans la maison d’un inconnu et de fouiner dans ses tiroirs…

Pour les professionnels, organiser des estates sales peut changer votre vie. « Je pense plus à la mort qu’avant. Cela m’inspire pour vivre ma vie. Nous avons trouvé chez une femme des cartons entiers de vaisselle jamais utilisée… », conclue Alex Hialy, visiblement émue par son travail si intime.

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