Steven Slater, héros d’une Amérique sous pression - France USA Media

Steven Slater, héros d’une Amérique sous pression

jetblue-tail-colours-on-show

New York - France USA Media.

Lundi matin, un avion de la compagnie à bas-coûts JetBlue en provenance de Pittsburgh se pose sur le tarmac de JFK, à New York. Un passager veut retirer son sac du compartiment à bagages alors que l’avion est toujours en mouvement. Steven Slater, steward bien bâti de 39 ans, lui demande de se rasseoir. Le passager l’insulte, sort son sac qui heurte le front de Slater. Excédé, ce dernier saisit alors l’intercom pour arroser le passager de quolibets devant une cabine médusée. « Cela fait 28 ans, j’en ai marre. C’est fini » dit-il, avant d’activer le toboggan de secours et de prendre la fuite, s’emparant au passage de deux canettes de bière. Il sera interpellé quelques heures plus tard au domicile de son compagnon, dans le Queens.

Que s’est il passé dans la tête de Steven Slater? Eh bien, une pensée qui traverse sans doute l’esprit de millions de travailleurs américains, forcés par la crise économique et les besoins du quotidien, à accepter des emplois qui ne correspondent ni à leurs qualifications ni à leurs aspirations personnelles. Selon une étude parue en janvier 2010, seuls 45% des Américains étaient satisfaits de leur travail en 2009 (contre 48% en 2008). Une tendance à la baisse observée, en réalité, depuis plus de 22 ans par Conference Board, l’institut de recherche à l’origine de l’étude.

La profession de steward en particulier a grandement évolué depuis le 11 septembre, et bien avant, depuis l’avènement du transport aérien de masse dans les années 80. Les nouvelles règles de sécurité, ainsi que l’exigence accrue des passagers ont mis sur les épaules du personnel de bord une pression supplémentaire. Une hôtesse de l’air qui intervenait mardi sur les ondes de NPR, la radio publique américaine, résumait bien la situation : « Aujourd’hui, nous sommes à la fois médecin, baby-sitter et policier ! ».

Au lendemain du pétage de plomb de Slater, qui en plus devait gérer une situation familiale difficile, la bienveillance de la presse n’était donc pas une surprise. Pour le New York Daily News, Steven Slater a eu le courage de faire ce que beaucoup n’osent pas en ces temps économiques difficiles: dire « ce travail, prends-le et mets-le dans ton c** » ! Le steward a des milliers de soutiens sur Facebook et Twitter et un tee-shirt « Free Steven Slater » appelle même la justice à abandonner les chefs d’inculpation à son égard (mise en danger de la vie d’autrui, vandalisme et violation de propriété). Aussi emblématique soit-il de l’état d’esprit de l’Amérique, n’oublions pas que son geste était extrêmement dangereux. « Le déploiement du toboggan est très rapide, souligne la police. Il aurait pu tuer quelqu’un ».

  • Share/Bookmark

1 commentaire
Commenter »

  1. Simplement aberant… Obligé de se défendre dans l’émission de Larry King. Le pays de la liberté ? x )

Commenter