Swing forever - France USA Media

Swing forever

Louis Armstrong

New York - France USA Media.

A Manhattan, ça danse ! Et les New Yorkais aiment danser le swing, et ce toutes les semaines ! Ils ont le choix entre de nombreux clubs différents, tels que Swing 46, Youshouldbedancing Studio, Session 73, ou encore le Lincoln Center.  Ce dernier organise chaque été une série de soirées « swing », à l’occasion desquelles un groupe de swing jazz (tel que le Wycliffe Gordon Sextet) se produit pour le plus grand plaisir des danseurs. Ceux-ci s’habillent pour l’occasion, avec des chaussures spéciales, en général blanches, ou de petites tennis basses. Jupes très courtes pour les femmes, chemises élégantes pour les hommes. C’est un peu comme si nous étions dans les années 50, et pourtant nous sommes bien dans le Manhattan de 2010. Et le swing reste une mode, voire une passion. Alors de quoi s’agit-il ? Qui sont ces swingers et que signifie réellement « swing » ?

Pour certains le swing est un type de musique, pour d’autres une danse. C’est aussi le nom que l’on donne à un coup de poing de boxe ! A l’origine, le swing est surtout une façon de jouer de la musique, de l’interpréter. Mais bien évidemment, le rapport entre la musique qui swingue et les différents types de danses swing, tels le Lindy Hop ou le Balboa, est essentiel. Dans les cultures traditionnelles, la danse et la musique ne font qu’un. Le jazz est, à son origine, une musique populaire, une musique censée être accompagnée de danse, donc.

Ainsi, le terme « swing » appliqué à la musique renvoie à plusieurs incontournables: Louis Armstrong, Count Basie, Duke Ellington, Jelly Roll Morton, Bob Crosby ou encore Benny Goodman, « le roi de l’ère swing » - complètement associé, selon Gary Giddins, critique de jazz prolifique et hautement respecté aux Etats-Unis ainsi qu’ancien chroniqueur pour le journal new yorkais le Village Voice, à « la genèse de l’ère swing » (Visions of Jazz).

D’autres « titans de l’ère swing » sont Benny Carter, Artie Shaw ou encore Frank Sinatra (Visions of Jazz ). Ces grands noms du jazz ont contribué à la naissance du swing aux Etats-Unis - au début des années 1920. Le grand public ne s’y intéresse toutefois qu’à partir du milieu des années 1930. Avant ça, le swing n’était pas apprécié à sa juste valeur.

Le swing reste l’une des musiques les plus populaires aux Etats-Unis jusqu’en 1945.  Elle est également associée au courant musical « middle jazz », qui se caractérise par le développement des big bands (constitués de 10 à 25 musiciens: saxophonistes, trompettistes, chanteurs ou vocalistes, ainsi que d’une section rythmique). Ces derniers ont joué un rôle décisif dans la definition du courant musical swing.

Selon Gary Giddins, le swing est une « marche rythmée » (Satchmo: The Genius of Louis Armstrong, 2001). Le swing est donc un terme utilisé pour parler du rythme, de la façon dont certains musiciens interprètent le jazz, c’est-à-dire en jouant avec le rythme.

« En faisant swinger l’Amérique, Louis Armstrong (selon Giddins) en a libéré la voix intérieure : blessante, railleuse et rauque, la voix grave et chaude d’un homme ordinaire qui avait été en grande partie confinée à l’église, aux coins reculés,  ainsi qu’au blues. (….) Et en préparant l’acceptation du jazz par le grand public, Armstrong a mis en place les bases de l’ère swing, [ou encore] Louis orchestré. »

La poésie « continuera de péricliter et de se morfondre si elle ne se ressaisit pas, grâce à une mesure chaque fois inimitable et objective, le rhythme ou encore mieux le swing » (cité par Jean-Michel Maulpoix dans Jacques Reda, Seghers, Poètes d’aujourd’hui  1986).

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