Discours sur l’état de l’Union : Accueil réservé dans la presse US
Par Jean-Bernard Bossu | 25/01/2012 | Catégorie: Humeur du Jour, Politique US, SlideshowLe discours sur l’état de l’Union a été perçu dans la presse américaine comme un bilan de l’action d’Obama et une ébauche de programme. C’est donc un président candidat qui s’est présenté hier comme le défenseur des classes moyennes.
Aux États-Unis comme en Europe, la finance va probablement être la principale cible des attaques politiques. Barack Obama s’est posé en champion de la classe moyenne face aux financiers, dans son discours annuel sur l’état de l’Union, hier, au Capitol. Au programme : plus de régulations, moins de plans de renflouement des banques et le retour d’une équité disparue. Le tout résumé en une phrase : « Nous pouvons restaurer une économie où tout le monde a sa chance, tout le monde paie sa part, et où tout le monde joue selon les mêmes règles. Le président en a appelé au bon sens des Américains pour justifier la volonté de hausser les impôts des 2% les plus riches. Offensif dans son discours sur le système financier, le président Obama n’a pas oublié de lancer un appel aux entreprises américaines pour qu’elles ré-investissent aux États-Unis. Sur le plan écologique, Obama a de nouveau insisté sur le marché potentiel que représente les énergies renouvelables et les gaz naturels. 600.000 emplois sont à la clé, selon le locataire de la Maison Blanche.
Une presse dubitative et une opposition très critique
Le New-York Times relève les attaques masquées d’Obama contre ses potentiels adversaires. En s’attribuant la défense des classes moyennes face aux financiers et aux grandes entreprises, il tacle habilement Mitt Romney. Le quotidien new-yorkais oppose ainsi ceux qui veulent réguler les excès de Wall Street et les autres.
A l’opposé, Fox News résume : « C’est une liste de vœux pieux mais pas une liste de choses à faire. » La chaîne conservatrice rappelle les pouvoirs limités de l’administration Obama pour pouvoir appliquer les mesures annoncées.
Plus globalement les commentateurs américains sont dubitatifs face à des propositions parfois floues ou difficilement applicable d’ici à la fin du mandat (en janvier 2013). Deux exceptions notables : sa politique énergétique et son action en politique étrangères sont plutôt saluées.
Les Républicains n’ont pas tardé à répliquer. Les différentes allusions d’Obama à des présidents républicains n’a visiblement pas suffi pour retisser les liens. Le gouverneur de l’Indiana Mitch Daniels regrette « les efforts constants du président pour diviser les américains ». Sur le rôle du gouvernement, Mitt Romney, candidat à la Maison Blanche, résume : « Obama met sa foi dans le gouvernement. Nous mettons la nôtre dans le peuple américain. » Preuve supplémentaire du fossé, la politique étrangère. Malgré la fin de la guerre en Irak, la victoire en Libye et la mort de Ben Laden, les Républicains ne font pas confiance à Obama pour gérer le cas iranien.
Ce discours permet néanmoins à Obama de se positionner en candidat solide face à des Républicains qui ne sont guère unis que pour le critiquer. Le président se lance maintenant dans une tournée à travers le pays, où il ne devrait pas manquer de reprendre plusieurs points clé de son discours.
