La police américaine formée pour affronter des vétérans de l’armée
Par Jean-Bernard Bossu | 26/01/2012 | Catégorie: Humeur du Jour, Slideshow, SociétéLe ministère américain de la Justice tente de créer un programme national pour aider les policiers à gérer les interventions face aux anciens commattants, entraînés et parfois armés.
Ils sont, pour la plupart d’entre eux, des vétérans de l’armée. Ils sont rompus aux méthodes de combat parfois les plus extrêmes. Et très souvent ils disposent d’un armement impressionnant. C’est pour faire face à ce type d’adversaires assez coriaces que le département de la Justice a mis au point un plan pilote qui devrait aboutir à la création d’un programme national d’entraînement des policiers. Objectif : apprendre à maîtriser ces situations souvent périlleuses pour la vie des policiers.
Le programme n’a pas vocation à transformer les policiers en soldats d’élite. Au contraire, Dennis Cusick, directeur du Upper Midwest Policing Institute, insiste sur l’importance du dialogue. « Vous ne pouvez pas gagner au combat. Vous devez plutôt leur faire comprendre que vous comprenez ce qu’ils traversent. » Les individus concernés sont souvent fragile psychologiquement et en situation de choc émotionnel. Pour Dennis Cusick, il est donc très important d’éviter la confrontation face à des individus susceptibles de dépasser tactiquement les meilleurs unités de Police. Le dialogue doit permettre de rassurer les forcenés, et leur faire reprendre contact avec une réalité perdue.
Les statistiques fournies par l’US Army montrent que les actes de violences perpétrés par des vétérans a augmenté de 1% entre 2010 et 2011. Si le nombre d’actes criminels est actuellement en baisse aux États-Unis, les violences impliquant des anciens combattants est en hausse. Les conflits en Afghanistan et en Irak ont souvent été éprouvants psychologiquement pour nombre de soldats. Le retour dans un pays en crise économique pourrait être un autre facteur d’instabilité. L’armée dispose d’une unité qui recueille les soldats blessés ou atteints de désordre psychologique.
Mais le risque zéro n’existe pas. Le 13 janvier dernier, en Caroline du Nord, le sergent Joshua Einsehauer a été blessé ainsi que deux policiers durant son arrestation après un échange de tirs. Ce soldat, qui était sous surveillance psychiatrique, était également passé par l’unité de surveillance de l’armée.
Le programme sera expérimenté cette année sur une quinzaine de sites à travers le pays. Pour les autorités il représente la première partie d’un projet plus vaste visant à mieux gérer les situations extrêmes.
