“With Her”, Marilyn Monroe éternelle
Par Jean-Bernard Bossu | 01/02/2012 | Catégorie: SpotlightMarilyn Monroe : 50 ans déjà ! Cette année Hollywood et le monde se souviennent qu’elle fut plus qu’une simple actrice. Le documentaire With Her, réalisé par Laurent Morlet, profite de cette occasion pour se faufiler dans le plus grand fan club de la star. Des hommes et des femmes, parfois déroutants, qui entretiennent au quotidien une relation charnelle avec l’icône californienne. Tourné avec des petits moyens, “With her” prouve une fois de plus qu’en France on a pas de pétrole, mais on des idées… Rencontre.
Ce film n’est pas sur Marilyn Monroe, mais sur des gens qui lui consacrent la plupart de leurs temps. Expliquez-nous.
Effectivement, mais la présence de Marilyn est en filigrane. Une grande quantité de films ont déjà été réalisés sur elle, sa vie et sa mort. Je ne voulais pas recommencer ce qui a déjà été fait. De plus, personne ne sait réellement comment elle est morte. J’ai donc voulu faire un film sur elle, mais d’une façon différente. J’ai choisi d’aller à la rencontre du Fan Club de Los Angeles, dont les membres sont de grands collectionneurs. Ils ont consacrés, pour la plupart, leur vie entière à Marilyn. Ils sont les témoins de sa présence dans cette ville.
Quelle place Marilyn Monroe occupe-t-ell aujourd’hui à Los Angeles ?
Je pense que personne ne l’a détrônée. Elle est morte très jeune et en pleine gloire. Je pense qu’on ne l’aime pas comme on aime Angelina Jolie aujourd’hui. C’est différent. A notre époque, les médias ont pris une autre dimension. L’image de Marilyn reste unique.
On célèbre cette année le 50ème anniversaire de sa mort. Vous avez tout de suite penser à traiter ce sujet sous cet angle ?
Oui, parce que je me suis dit : 50 ans ! Que va-t-on faire à cette occasion ? La plupart de ceux qui l’ont connue sont morts. Et je me suis rendu compte que des gens, aujourd’hui, la rende encore vivante. Ils s’occupent d’elle au quotidien. Ce sont ces gens-là qui font qu’elle est encore présente à notre époque.
Des gens qui s’émerveillent devant un réfrigérateur ou une cuisine, ça peut quand même laisser dubitatif ?
Non, parce qu’on est habitués à voir ce genre de collections, avec d’autres artistes moins importants. Je suis sûr que si on proposait une mèche de cheveux de Justin Bieber, cela provoquerait des mouvements de foule ! Donc, finalement ce n’est pas très original. En revanche, du fait qu’elle soit morte il y a 50 ans, ces objets ont un lien charnel avec elle. Quand je regarde ce réfrigirateur, je en suis pas en extase, mais il y a une sorte de magie. Cela nous renvoie à des choses qui la rende réelle.
Est-ce que ces personnes rêvent d’être Marilyn ?
Non. Ils sont conscients qu’il n’y en a qu’une. Je pense qu’ils savent qu’on peut se moquer d’eux. Ça ne les touche pas trop parce qu’ils savent où ils vont et ce qu’ils veulent faire. Ils ont une vie en dehors de cette passion. Ils sont probablement nostalgiques d’une époque mais ils vivent bien ancrés en 2012.
De quels moyens disposiez vous pour ce film ?
15.000 dollars, y compris l’achat de la caméra ! Je n’avais pas d’équipe de production et un seul collaborateur. Ce sont des moyens dérisoires, mais c’est ce qui nous a permis de vivre une belle aventure humaine. Nous étions complètement immergés et les gens que nous filmions étaient naturels. Nous n’aurions pas pu le réaliser avec une super production. C’est un film sur l’humain, et c’est ce que je voulais faire.
Ces films à petits budgets sont-ils bien accueillis, ici à Hollywood ?
C’est difficile. Un film HBO, par exemple, dispose d’un véritable budget et ces productions ont une façon bien précise de travailler. Et pourtant, je suis convaincu que le public est le même. Je crois qu’il faut revenir à l’humain. A terme, c’est payant. Il y a peu de petits films faits pour la télévision, parce que c’est difficile de trouver un distributeur. Dans le cinéma, ces situations arrivent un peu plus. On a des exemples comme Paranormal Activity, un film réalisé avec 40.000 dollars et qui a connu un sucès mondial.
“With Her”, de Laurent Morel. A l’Egyptian Theatre (Los Angeles) le 2 février, à 19h30.
http://www.americancinemathequecalendar.com/content/with-her-0
